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26/03/2009

Le statut du cycliste aujourd'hui est un vide juridique

Lu sur le site du Journal Sud-Ouest : www.sudouest.com/

 

Mercredi 25 Mars 2009


POLÉMIQUE. La phase répressive de la Police nationale face aux infractions des cyclistes bordelais fait débat

Les cyclistes secoués

Marie S. a passé la nuit en garde à vue. Elle ne nie pas l'infraction, mais l'expérience l'a traumatisé. (Photo S; L.)
Marie S. a passé la nuit en garde à vue. Elle ne nie pas l'infraction, mais l'expérience l'a traumatisé. (Photo S; L.)



Le contexte. Face à la multiplication des infractions et des accidents de deux-roues, la Police nationale opère depuis quelques semaines une campagne répressive. À Bordeaux, les contraventions contre les cyclistes inciviques pleuvent, jusqu'à l'interpellation de 10 d'entre eux, suivie d'une garde à vue la semaine dernière.

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C'est une femme chic, bordelaise bon genre. Marie S. a 49 ans, elle sort à bicyclette d'une réunion de travail dans le quartier des Chartrons. Il est 1 h 20 du matin, dans la nuit de jeudi à vendredi, et elle croyait rentrer tranquillement chez elle. « Une voiture de police m'a arrêtée, deux policiers m'ont demandé mon identité. Ils m'ont fait souffler dans l'éthylotest. Je leur ai avoué avoir bu deux ou trois verres de vin. Le test était positif, ils m'ont dit d'attacher mon vélo et m'ont embarquée dans la voiture. J'étais sidérée. Un mauvais film. »

« En arrivant à l'Hôtel de police, il y avait beaucoup de monde, d'autres cyclistes, comme moi. On me donnait des ordres en claquant dans les doigts, on m'appelait "ma p'tite dame". J'ai été conduite dans un sous-sol avec des cellules vitrées et on m'a dit : "Passez à la fouille". Là, une policière fatiguée m'a demandé d'enlever mes chaussures, mes lacets, mon soutien-gorge, ma robe. J'étais en culotte. Elle a vidé mon sac, en a fait l'inventaire, elle a compté mes chèques. Une fois rhabillée, sans mon soutien-gorge ni mes lacets, elle m'a placée en cellule, avec une autre femme qui hurlait et tapait contre les murs. On ouvre deux verrous et on vous pousse à l'intérieur. Pas de lumière, seulement les hurlements de cette femme. »

« Je suis restée là, sur un matelas posé au sol, jusqu'à 10 heures du matin. J'ai paniqué, je me disais : "Qu'est ce que j'ai fait ? Ils m'ont oublié ?". À 10 heures, j'ai tapé aux vitres à mon tour. Un policier qui commençait sa journée est venu m'ouvrir. Il était atterré. Il m'a dit : « J'ai honte, tous ces cyclistes cette nuit... ça ne m'étonne pas que les gens détestent la police. » Avant de sortir, il y a eu encore un interrogatoire, l'inspecteur voulait connaître mon statut, mon salaire, mes crédits en cours, si j'étais propriétaire ou locataire... Je n'ai jamais nié l'infraction. Mais cette garde à vue m'a traumatisée. »

Politique de la ville

Marie S., depuis, a écrit au Directeur départemental de la Sécurité publique, Albert Doutre. Alerté les médias. « Comment justifier une telle procédure ? », questionne-t-elle. Le placement des 10 cyclistes émêchés dans la nuit de jeudi à vendredi a été confirmé de source policière.

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À la mairie de Bordeaux, Michel Duchène, historiquement à l'origine de la politique du vélo à Bordeaux n'en revient pas. 55 000 déplacements à bicyclette par jour à Bordeaux. « La ville a mené une politique de vélo exemplaire. On a bien sûr aussi constaté l'incivilité de certains cyclistes, alors on a mis en place avant tout le monde un code de la rue qui appelait au respect des règles. Aujourd'hui, les cyclistes bordelais sont perçus comme des délinquants potentiels par la Police nationale. Il existe un vide juridique concernant le statut du cycliste aujourd'hui, certes, mais ils sont bien trop stigmatisés. »

Excès de zèle

En décembre 2005, Pierre Hurmic, adjoint Vert de Bordeaux, avait été interpellé dans la rue, avant d'être placé en garde à vue. Une instruction est toujours en cours. L'avocat se dit « particuièrement sensibilisé » par cette situation. « Les cyclistes dit-il, ne sont pas au-dessus des lois, mais il n'est pas interdit d'appliquer la loi avec discernement. Je suis stupéfait du zèle inouï, de la stigmatisation et de l'absence de discernement dont sont victimes les cyclistes. Cela va à l'encontre des efforts de la ville pour faciliter l'usage du vélo. »

Marie S. sera convoquée devant la justice dans quelques semaines.

13:12 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : société, écologie

Commentaires

il faut "punir" les vélos hors la loi... mais là il y a de l abus !

Sinon on peur prendre le cheval...

Écrit par : Lenia | 26/03/2009

C'est la police nationale qui fait ça? Pas municipale?
Double surprise en plus de la méthode.
On se croirait sous Vichy!

Écrit par : emachedé | 27/03/2009

ahhhh la HONTE !!!!!!

C'est vrai que c'est plus facile d'arrêter des femmes en vélo que de la crapule qui cassent des voitures et des abris bus !!!!!!!!

J'suis pas prête de mettre les pieds dans cette ville, même en "jupette".....

Écrit par : Minijupe | 29/03/2009

@ Minijupe - Même pas en minijupette ;-) ?

Ce qui est assez croustillant, c'est que Pierre Hurmic avocat et adjoint au maire (vert, donc dans l'opposition) ait "bénéficié" dans les premier de cette "campagne répressive".

On parle d'une loi sur les skates et les rollers sur la voie publique...

Écrit par : Dr Sangsue | 02/04/2009

Les commentaires sont fermés.