18/01/2026
Nécessité fait loi : où comment le Docteur Sangsue est obligé de bricoler une recette

Comme en médecine, en cuisine il faut savoir s’adapter.
Vendredi soir dernier, c’était la dèche.
Vendredi soir dernier, c’était la dèche car je n’avais pas fait de courses.
Moun diou, que vais-je pouvoir donc faire pour nourrir la petite famille.
Tiens des spaghettis. Zut, je n’ai plus de sauce bolognaise toute faite.
Un petit tour au frigo et un point positif, il reste un steak haché.
J’ai 4 grosses échalotes qui traînent par là.
Que faire avec ces ingrédients ?
Et hop :
je fais revenir les échalotes dans une grande poêle avec un fond d’huile d’olive.[1].
Quand elles sont dorées, j’écrase le steak haché, je le mélange bien avec les échalotes et le fait revenir gentiment. Puis je sale et je poivre.
Je réserve au four (éteint) pour garder la chaleur.
Dans une grande gardale en inox bien remplie[2] avec de l’eau salée[3], je tords, délicatement les spaghettis numéro 5 (Barilla, les meilleurs) dans l’eau bouillante. Je remue les spaghettis dans l’eau[4].
Je laisse cuire un peu mois de 9 minutes[5], puis je les verse dans la poêle que j’ai mise sur le feu.
Je mélange bien.
A ce moment ma fille survient et me dit :
- « Ça sent bon ».
- « Oui », lui dis-je.
Puis de dire tout haut :
- « A table » !
Je venais d’inventer, les puristes vont hurler, mes spaghettis Bolognaise, sans sauce tomate, façon du Docteur Sangsue.
La petite famille se régala et se lécha les 5 doigts et le pouce.
J’avais sauvé ce repas du soir !
Je descends « en cave », une petite fiasque de Haut-Médoc, un Château Barreyres 2021 de 4 ans d’âge, en pleine force de l’âge, fera parfaitement l’affaire. Je parle du château Barreyres dans deux de mes articles, confer le Post-Scriptum.
Moralité : comme en médecine, en cuisine il faut savoir (comme le disait Darwin) s’adapter… ou mourir.
Maintenant, si cette recette vous tente... à vous de jouer.
Une vidéo de mon Maître Chef Michel Dumas :
Spaghetti Bolognaise – Chef Michel Dumas
Une autre vidéo, la vraie recette des spaghettis Bolognaise avec une vraie italienne, une vieille italienne avec son bagout :
Spaghetti alla Bolognese - Nonna Silvi
P. S. :
- Dans cet article, j’aborde des notions de physico-chimie de la cuisine. Il est à noter que Raphaël Haumont intervient régulièrement avec Thierry Marx dans l’émission de Julie Andrieu : « Les carnets de Julie ».
- 29/05/2022 : Dégustation en double aveugle : Château Lacroix Martillac versus Château Barreyes
- 30/01/2021 : Le vin du dimanche du Docteur Sangsue : Château Barreyres – Haut Médoc 2016
Notes :
[1] Pourquoi je fais dorer les échalotes car en dorant, les protéines de celle-ci, en caramélisant, vont prendre un goût sucré grâce à la réaction de Maillard
[2] Pourquoi beaucoup d’eau cela dilue l’amidon et diminue le fait que les pâtes collent.
[3] Pourquoi de l’eau salée car cela exhauste le goût des pâtes.
[4] Pourquoi je remue les spaghettis, au début car cela évite qu’ils collent entre eux.
[5] Pourquoi un peu moins que le temps de cuisson indiqué sur la boite car ils vont continuer un peu à cuire dans la poêle.
11:21 Publié dans Anecdote, Cuisine, La pensée du jour, Potins, Shopping, Vidéo, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (2)
15/01/2026
Médecins libéraux : 80 ans d'histoire des acquis sociaux,des charges écrasantes, mais un métier technique et humain passionnant

Il m’arrive très rarement de republier un commentaire que j’ai moi-même rédigé sur mon blog, mais c’est le cas aujourd’hui. Ce texte est suffisamment développé pour constituer un article à part entière, venant ainsi le compléter.
Cet article est une reprise d’un long commentaire que j’ai laissé sur mon blog concernant mon dernier article du 12/01/2026 : « De l’utilité du Médecin Généraliste et de l’impact de ceux-cis lors de la grève des Médecins Libéraux ». Il vient en complément et fait une suite logique.
1°) L'histoire des acquis sociaux des médecins libéraux :

Si on se replonge dans le passé pour ce qui est des acquis sociaux des médecins voilà le déroulement dans le temps :
La Sécurité sociale en France (le régime général pour les médecins conventionnés secteur I ou Secteur II) a été créée par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945.
Pour ce qui est de la caisse de retraite des médecins, la CARMF voici son déroulé. En 1948 : Création par décret et régime de base. En 1949 : Institution des régimes de base (RB) et complémentaire vieillesse (RCV). En 1955 : Mise en place du régime invalidité-décès (ID). Et seulement en 1960 : Gestion des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV).
C’est seulement en 1962 qu’a été créé le "Sou Médical", le Service Social Médical de la CARMF, qui aide les médecins libéraux via des assistants sociaux pour leurs difficultés (invalidité, retraite).
2°) Les assurances et responsabilités civiles professionnelles :

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Au niveau assurance, la MACSF (Mutuelle d'assurance du corps de santé français) a été créée en 1935 pour assurer les professionnels de santé contre les risques corporels, matériels et de responsabilité civile. Elle assure aussi maintenant les locaux, les voitures.
La responsabilité civile du médecin est de 30 ans, voire 40 (30 + 18 = 40 ans ) ! Pour tenir compte de la prise en charge des enfants jusqu’à la majorité, d'où la nécessité d'être bien assuré. Cependant, le médecin n’a qu’une obligation de moyen et non de résultat comme c’est le cas pour le garagiste.
3°) Le délai de carence lorsqu’un médecin libéral est malade :

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Il faut savoir que le délai de carence de prise en charge par la CARMF, quand un médecin tombe malade et ne peut pas exercer, est de 90 jours : 3 mois ! Mais depuis juillet 2021 un nouveau régime d'indemnités journalières (IJ) géré par la CNAVPL ramène la carence à 3 jours pour les arrêts maladie, comme pour les salariés du privé, a partir du 91 eme jour la CARMF prend le relai.
Depuis juillet 2021, oui vous avez bien lu ! Depuis juillet 2021, cela ne fait que...quatre ans !
Je suis à la retraite depuis le premier janvier 2017, autant dire que je n’avais que mes beaux yeux pour pleurer - https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/que-ses-yeux-pour-pleurer
La seule solution, avant cette date, était de souscrire une assurance pour couvrir cette carence (c’est le cas de le dire).
Avant, comme quoi pour la santé, on pouvait dire que c’était le médecin qui était le plus mal chaussé.
4°) Les charges écrasantes des médecins libéraux :

Serge Gainsbourg brûlant un Pascal (billet de 500 francs)
Enfin, le revenu brut des médecins est amputé de plus de 50 à 60 % par les impôts (bien sûr), les charges (location du cabinet, électricité, ordinateur, logiciel médical, abonnement du VIDAL (qui, maintenant, est payant), la CARMF, la MACSF... C'est un peu le billet de 500 francs de Serge Gainsbourg (Le 11 mars 1984, dans l’émission « 7 sur 7 » sur TF1) mais qui part, dans ce cas, seulement... à moitié, en fumée.
5°) La passion du métier :

Si l’on dit que la médecine peut être une vocation, mais je n’aime pas trop ce mot, c’est un métier passionnant avec la récompense jouissive quand un diagnostic est bien posé avec un traitement adapté et que l’on voit un patient littéralement sauvé qui sans diagnostic correct et sans traitement adapté serait… mort ou gravement handicapé.
Les pouvoirs des examens complémentaires qui ont bien évolué (biologie, imagerie : scanner IRM), les pouvoirs de la chirurgie (cœliochirurgie, prothèses), les cathétérismes interventionnels (pose de stent des coronaires lors d’infarctus du myocarde, possibilité d’intervenir sur les valves cardiaques, interventions neuro-vasculaires pour les AVC) et des médicaments sont purement fabuleux (les médicaments les plus efficaces en termes de vies épargnées sont… les vaccins, n’en déplaise à ses détracteurs).
6°) Le médecin garagiste :

In fine, je compare parfois un médecin à un garagiste, après tout le corps humain est une machine mais qui, en plus, a un cerveau pensant, dont il faut bien tenir compte.
Bon, puisque vous m’avez suivi jusque-là, pour vous récompenser de votre persévérance, je vous livre les deux qualités indispensables pour être un bon médecin : avoir le cœur bien accroché et un sens de l’observation bien développé. Une vidéo limite-limite bien dans l’esprit carabin.
Cours de médecine - Blague limite-limite - Limite-limite
Conclusion :
Au fil des décennies, la médecine libérale a su évoluer tout en conservant l’essentiel : la relation de confiance entre le médecin et ses patients. Certes, les charges, les contraintes administratives et les responsabilités peuvent sembler écrasantes. Ce métier à la fois technique et profondément humain demeure un repère indispensable de notre système de santé et le reflet d’un engagement quotidien au service des autres.
Références :
- CARMF
- MACSF
- CNAVPL
- 11 mars 1984, Serge Gainsbourg crame un “Pascal” en direct sur TF1
12:57 Publié dans Anecdote, Economie, Histoire de la Médecine, Médecine, Mots, Politique, Société, Société, Télévision, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2)
12/01/2026
De l’utilité du Médecin Généraliste et de l’impact de ceux-cis lors de la grève des Médecins Libéraux

Le rôle du Médecin Généraliste dans les systèmes de soins Français (pour grandir l'image, clic droit dessus puis clic gauche sur"Ouvrir l'image sans un nouvel onglet")
La grève généralisée des médecins libéraux du 5 au 15 janvier 2026, démontre bien le rôle fondamental du Médecin Généraliste dans l’organisation des systèmes de santé. Je précise que, sous le pseudonyme de « Docteur Sangsue », qui a rédigé cet article, se cache un Médecin Généraliste libéral retraité, qui a exercé, pendant 30 ans, dans une banlieue de la « Grande Ville ».
1°) Impact de la grève des Médecins Généraliste :
Depuis ma retraite, je suis toujours abonné au VIDAL en ligne. Or, dernièrement, je reçois cet article du VIDAL du 07/01/2026 : « Grippe, météo, grève des médecins libéraux : la tension monte aux urgences ».
Je vous livre un résumé* de cet article (en 100 mots) réalisé par mon IA Perplexity (l’essayer, c’est l’adopter).
Les services d’urgences français font face à une situation critique, saturés par la combinaison d’une forte épidémie de grippe, des conditions hivernales dangereuses (neige et verglas) et d’une grève massive des médecins libéraux. Cette mobilisation, marquée par la fermeture de nombreux cabinets et cliniques, provoque une hausse de 30 à 50% des appels au Samu. Plusieurs hôpitaux ont déclenché des plans blancs pour mobiliser des renforts et déprogrammer des actes non urgents. Les urgentistes, déjà épuisés, décrivent une situation “intenable”, redoutant une aggravation dans les jours à venir alors que la grève se poursuit et s’intensifie.
2°) Durée des études pour être Spécialiste en Médecine Générale :
Avant tout, actuellement, pour être Spécialiste en Médecine Générale la durée des études est de 10 ans après le baccalauréat.
La Médecine Générale est devenue une spécialité s’alignant à 10 ans d’études comme beaucoup d’autres spécialités.
Ce parcours se divise en trois cycles : un premier cycle de 3 ans (incluant PASS ou LAS), un deuxième cycle de 3 ans (externat), et un troisième cycle de 4 ans (internat en médecine générale).
3°) Quel est le rôle du Médecin Généraliste :
On voit bien, avec ce qui précède, que le Médecin Généraliste a un rôle fondamental dans l’organisation des services de santé. En effet, le Médecin Généraliste a :
- Un rôle de tri :
Que ce soit en visite à domicile ou en consultation, en filtrant 80 à 90% des demandes de soins primaires : oui, vous avez bien lu 80 à 90% ! Et en traitant la bobologie, il empêche, tout simplement... d'engorger les urgences hospitalières. La grève actuelle le démontre bien s'il en était besoin.
- Un rôle d’orientation :
Savoir où et à quel spécialiste envoyer un patient qui nécessite un avis spécialisé.
- Un rôle de suivi des patients pour les pathologies chroniques :
Que ce soit en visite à domicile ou en consultation : Interrogatoire, examen clinique, renouvellement d’ordonnances et, éventuellement, orienter vers un avis spécialisé si acutisation (aggravation) de la pathologie.
- Un rôle de prévention :
Dépistage des pathologies chroniques : Hypertension, diabète, dépression, troubles anxieux...
Vidéo : le rôle du Médecin Généraliste en France :
Dans le quotidien d'une jeune femme Spécialiste en médecine Générale - MACSF et vous
4°) Pourquoi la médecine libérale ne fait plus rêver les jeunes médecins :
Tout est dit dans cette vidéo. Trop de travail, pas assez de reconnaissance, une charge mentale énorme, une rémunération en décalage avec les responsabilités, et surtout, un mode de vie dont les jeunes médecins ne veulent plus. À la campagne ou à la ville, n'est-ce pas tout simplement la fin du médecin de famille tel qu'on le connaissait jusque-là ? Du modèle libéral ? Quel renouveau est possible ?
Pourquoi la médecine libérale ne fait plus rêver les jeunes médecins – Ouest-France
Conclusion :
Le médecin généraliste est bien plus qu’un soignant : il écoute, accompagne, prévient et relie les différents acteurs du système de santé. En première ligne face aux crises, il incarne une médecine de proximité, profondément humaine, indispensable à l’équilibre collectif et au bien-être de tous.
*Eh oui, une IA Peu faire, aussi, des résumés de textes. Pour cela, il suffit de copier-coller dans un IA (Perplexit par exemple) et de demander à l'IA de résumer le texte en lui précisant le nombre de mots souhaités.
Si vous êtes un tant soi peu curieux pour lire les résumés en 50 et 100 mots, vous pouvez lire mon prompt, (ma requête ) à Perplexity sur ce lien.
13:27 Publié dans Coup de gueule, Economie, Histoire de la Médecine, Honte, Internet, Le site du jour, Médecine, Mots, Politique, Potins, Santé, Société, Société, Vidéo, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (2)

