19/06/2026
Cardère sauvage (Dipsacus fullonum) ou cabaret des oiseaux

Cardère sauvage – Crédit Photo – Archives personnelles – pour agrandir double clic gauche sur la photo
Un sujet qui m'est cher : la photographie. Dans un de mes «nombreux» disques durs, je viens de retrouver une photo que j’avais prise, il y a de cela fort longtemps*, sur le bord d’un chemin lors d’une balade en Charente-Maritime. Elle est, pour l’instant, en fond d’écran sur un de mes trois ordis.
Je viens juste de trouver le nom de cette jolie plante en utilisant mon copain Google Lens sur mon Ordi. J’utilise, aussi, fréquemment Google Lens sur mon Smartphone. C'est vraiment très pratique. Fini les applis de reconnaissances des plantes pour les Smartphones d'autant plus que Google Lens interprète tous les sujets.
Mais, après cette diversion, passons au sujet du jour : la Cardère sauvage.
La Cardère sauvage est une plante très commune en France et en Europe. On la rencontre surtout dans les lieux incultes, friches, Bords de chemins, des routes et des prairies eutrophes, mégaphorbiaies (zones humides).
La Cardère sauvage peut atteindre une taille de deux mètres et sa période de floraison va de juillet à septembre. Dans ma photo, on voit bien que la période de floraison est dépassée.
La cardère est un véritable spectacle avec sa haute taille et ses fruits aux apparences de chardons.
la Cardère sauvage (Dipsacus fullonum) aussi appelée « cabaret des oiseaux », ceci en raison de l'eau qui après la pluie reste le long de la tige, à la jointure des feuilles.
La cardère attire les pollinisateurs et nourrit les oiseaux avec ses graines.
La cardère sauvage possède des bractées piquantes recourbées en crochets, celles‑ci servaient historiquement à carder la laine (une technique permettant de démêler les fibres avant le filage).
Une superbe vidéo expliquant tout sur la Cardère, cabaret des oiseaux :
La cardère, cabaret des oiseaux - Le Chemin de la Nature
La cardère sauvage est donc une plante fascinante, à la fois utile et belle, qui mérite d’être mieux connue. Et si, lors de vos prochaines promenades, vous en apercevez une, pensez à moi… et à la petite histoire qui se cache derrière.
*J’ai pris cette photo avec mon Canon PowerShot SX100 IS le 06/09/2009 à 15 h 26 (merci le fichier EXIF). Rappelons qu’un fichier EXIF est un ensemble de métadonnées enregistrées automatiquement par un appareil photo dans une image, indiquant notamment la date, les réglages de prise de vue et parfois la position GPS. Confer mon article du 21/09/2025 : « Comment supprimer toutes les métadonnées EXIF des fichiers photos avec le logiciel ExifToolGUI Portable ».
Petite critique photographique :
Ce qui fait le charme de cette photo se résume en trois points : le cadrage (la cardère décentrée à droite), le contre-jour (les épines ont une aura lumineuse) et le flou du fond de l’image c'est ce que l'on appelle le bokeh (profondeur de champ réduite).
La pensée "profonde" :
Je suis toujours surpris par le nombre de ces "nouveaux" photographes qui prennent avec leurs Smartphones les clichés en mode portait (réseaux sociaux exigent, merci TokTok, Instagrain, snapchien, Pintereste...). La grande majorité de mes photos sont en paysages (d'où mes fonds d'écran); mes clichés en portrait sont rares et réservés à des circonstances bien particulières (un cadrage qui le nécessite). Pour la majorité des photographes "modernes", la photo n’est plus un art, mais un moyen de communication rapide.
Références :
- Cardère
- Dipsacus
19:08 Publié dans Anecdote, Art, Culture, Culture, Ecologie, Le mot du jour, Loisirs, Mots, Photographie, Potins, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0)
18/06/2026
Perroquet amélioré, l’absinthe menthe

Tous les jeudis à 18 h, nous accompagnons, régulièrement, ma moitié et moi, ma fille au Conservatoire de la Grande Ville. En attendant sa sortie nous prenons l'apéro dans un bar. La dernière fois, derrière le serveur, mon regard fut attiré par une bouteille hors du commun : de l’absinthe. J’avais entendu parler de son retour en grâce. Une envie folle me prit d’en déguster un verre.
Mais au fait, l’absinthe qu’est ce que c’est ?
1°) L’absinthe, la fée verte :

L'absinthe, célèbre pour sa couleur verte intense et sa teneur élevée en alcool, est bien plus qu'un simple spiritueux. Cette boisson complexe, souvent surnommée "la Fée Verte", est entourée de mystères et de légendes depuis ses débuts. Appréciée au 19e siècle par les artistes et les intellectuels, elle est ensuite devenue l'objet de nombreux mythes, y compris des récits exagérés sur ses supposés effets hallucinogènes.
L’absinthe est une eau-de-vie aromatique à base d’armoise (Artemisia absinthium), d’anis vert et de fenouil.
Devenue symbole de la Belle Époque, ce spiritueux fortement alcoolisé (entre 68° et 72°) connut une popularité fulgurante en France ; la région de Franche‑Comté comptait plus de cinquante distilleries au début du XXe siècle. Toutefois, des versions de mauvaise qualité et les discours alarmistes sur la thuyone, accusée d’effets hallucinogènes, menèrent à sa prohibition dans plusieurs pays : la Suisse en 1910, la France en 1915 et l’Europe continentale peu après.
A partir des années 1990 elle connaît sa réhabilitation et fait sa réapparition dans les bars. En France elle est réhabilité en 2011.
L'absinthe est un spiritueux puissant, avec un taux d'alcool pouvant varier entre 45 % et 74 %. Ce degré élevé est dû à sa composition, qui nécessite une teneur importante en alcool pour extraire les huiles essentielles des plantes. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas la Thuyone, mais bien l'alcool qui explique la puissance et le danger de l'absinthe.
2°) L'histoire de l'absinthe :
Son usage remonte à l’Antiquité, notamment mentionnée dans le Papyrus Ebers (vers 1550 av. J.-C.) et utilisée par Pythagore et Hippocrate comme remède amer pour digestions difficiles et vers intestinaux.
Les origines de l'absinthe moderne remontent probablement à la fin du 18e siècle dans la région de Val-de-Travers, en Suisse, où elle était initialement utilisée comme remède. Selon la légende, l’invention de l’absinthe revient à une herboriste nommée Mère Henriod, qui aurait créé une première version de cette liqueur à des fins médicinales.
Elle utilise alors l’armoise, une plante déjà réputée pour ses propriétés stimulantes et digestives. À la fin du 18e siècle, la recette est reprise par un homme d'affaires, Henri-Louis Pernod, qui fonde la première distillerie commerciale d’absinthe à Pontarlier, en France. La boisson gagne rapidement en popularité et commence à être produite en grande quantité
La dégustation de l’absinthe se fait selon un cérémonial bien établis.
3°) Le cérémonial du service de l’absinthe :
Le cérémonial commence par verser l'absinthe jusqu'à la goutte, on place la cuiller sur le verre, puis le carré de sucre. Sous l'un des quatre becs de la fontaine placez le verre puis faire un goutte à goutte. Il est important de contrôler le débit sinon le verre risque d'être rempli d'eau avant que le sucre soit fondu.
Des figures emblématiques comme Vincent van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud consomment régulièrement de l'absinthe, y trouvant une source d'inspiration. L’absinthe est perçue comme un spiritueux poétique, capable de stimuler l’esprit créatif.
Edgard Degas en fit un tableau célèbre.
4°) Le tableau d’Edgard Degas : Dans un café (ou L'Absinthe):

Dans un café aussi intitulé L’Absinthe est une célèbre peinture d'Edgar Degas composée entre 1875 et 1876 à Paris et conservée au musée d'Orsay.
Cette scène de café est située dans le Café de la Nouvelle Athènes. Le portrait des deux personnages, dans lequel l'historienne de l'art Françoise Cachin voit des « épaves urbaines ».
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l'Absinthe - Karambolage – ARTE - Karambolage en français – ARTE
Maintenant que nous savons tout sur l’absinthe, je vais aborder la partie anecdotique de l’article.
5°) La façon dont me fut servie mon absinthe et l’absinthe menthe :
Ne sachant pas comment servir l’absinthe, il me fut servi un grand fond de verre d’absinthe pur. Très fort au goût. Cela nécessitait un grand apport d’eau.
Lors des grandes chaleurs (et nous somme particulièrement bien servis actuellement), j’ai pris l’habitude de prendre un perroquet (association Ricard/menthe) ce qui permet, pour lutter contre la déshydratation, de boire de l’eau agréablement. Comme le Ricard est anisé, le « perroquet - absinthe doit permettre d’avoir un breuvage plus doux. Ce que j'ai fait le jeudi suivant. Ma déduction était logique et le breuvage excellent.
La prochaine fois que vous prenez l’apéro dans un bar, essayez ce breuvage, vous penserez à moi et à toute son histoire. Mais, attention, à déguster avec modération.
Références :
16:26 Publié dans Anecdote, Art, Culture, Culture, Gastronomie, Le mot du jour, Mots, Potins, Shopping, Société, Société, Vidéo, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (2)
12/06/2026
Toccata et Fugue en D mineur Jean-Sébastien Bach avec La harpe en verre de GlassDuo

Pas plus tard que ce matin, en regardant YouTube sur ma nouvelle télé connectée équipée de ma barre de son Hisense[1] (profitant pleinement de son caisson de basse), je suis tombé sur cette pépite de GlassDuo et de sa harpe en verre : Toccata et Fugue en D mineur Jean- Sébastien Bach.
1°) GlassDuo :
GlassDuo a été fondé par Anna et Arkadiusz Szafraniec. Il s'agit d’un groupe jouant d'un instrument de musique exceptionnel à partir de simples verres à vin appelée harpe en verre. Il en résulte une musique inédite, capable de surprendre l'auditeur.
Seul ensemble de harpe de verre en Pologne et de l'un des rares ensembles professionnels au monde. Ils donnent des concerts en solo et avec d'autres musiciens.
Ils ont joué avec des quatuors à cordes, divers ensembles de musique de chambre et même des orchestres symphoniques. Ils ont également réalisé de nombreux enregistrements pour la radio, la télévision et le théâtre.
Les concerts de GlassDuo sont toujours l'occasion de découvrir des sonorités inhabituelles, des compositions originales et, surtout, de ressentir la présence des artistes eux-mêmes, qui poursuivent leurs rêves et leurs passions de manière si peu conventionnelle.
La musique de verre de GlassDuo résonne aussi bien dans une salle de concert classique que dans des espaces industriels, des églises ou les ruines d'anciens châteaux ou palais. Elle est tout aussi merveilleuse dans les intérieurs modernes où, grâce à l'amplification, elle offre une sonorité bien plus ample qu'on ne l'attendrait d'un instrument aussi délicat.
2°) La harpe en verre (Glass harp) :
Une harpe en verre (aussi appelée lunettes de musique, lunettes chantantes, orgue angélique, verillon ou violon fantôme) est un instrument de musique fait de verres à vin droits. Elle vient des Vérillons faisant partie de la famille des idiophones[2] frottés. Il est composé de plusieurs verres musicaux, généralement des verres à vin, disposés sur une table, et accordés par remplissage avec différentes quantités d'eau pour produire différentes notes.
Il est joué en courant des doigts humidifiés autour du rebord des lunettes. Chaque verre est accordé à un pas différent en remplissant le verre d'eau jusqu'à ce que le pas souhaité soit atteint.
Les lunettes de musique ont été documentées en Perse au 14ème siècle. La harpe de verre a été créée en 1741 par l'Irlandais Richard Pockrich, qui est connu comme le premier virtuose des lunettes musicales. Pockrich a appelé son instrument "l'orgue angélique" et il a été joué avec des bâtons, plutôt qu'en frottant les lunettes avec un doigt humidifié. Il a été rapporté en 1760 que, "Pockrich a joué Handel's Water Music sur les lunettes." Sa carrière de concert réussie a été mise fin prématurément par un incendie dans lequel l'inventeur et l'instrument ont péri en 1759.
Venons-en maintenant à l’interprétation de la « Toccata et fugue » par GlassDuo et sa harpe en verre. Un son inimitable.
3°) Toccata et Fugue en D mineur avec La harpe en verre de GlassDuo :
J. S. Bach - Toccata and Fugue in D minor on the glass harp - GlassDuo - Glass Harp
Pour bien vous montrer la qualité et la justesse d’interprétation, en voici une autre de la « Toccata et Fugue » interprétée à l’orgue :
J.S. Bach -Toccata & Fugue in D-minor BWV 565 - Stephanuskerk Hasselt - Gert van Hoef
4°) Conclusion :
L’interprétation de la Toccata et Fugue en D mineur de Bach par GlassDuo, avec leur harpe en verre, transforme une œuvre classique en une expérience sonore magique et inédite. Leur maîtrise de cet instrument rare, alliant tradition et innovation, prouve que la musique peut se réinventer sans perdre son âme.
[1] J’en parle dans mon article du 05/05/2026 : « Mon nouveau joujou : Barre de son Hisense 2.1CH 240 W H210 avec caisson de basse sans fil »
[2] Un idiophone, ou autophone, est un instrument de musique de la famille des percussions dont le son est produit par le matériau de l'instrument lui-même, lors d'un impact produit soit par un accessoire extérieur (comme une baguette), soit par une autre partie de l'instrument (comme des graines sur un filet qui l'entoure ou des battants de cloche).
P. S. :
Il ne faut pas confondre la harpe en verre avec l’Harmonica de verre instrument de musique perfectionné par Benjamin Franklin en 1761 à partir des verres musicaux, les vérillons préexistants. Franklin avait nommé l'instrument armonica à partir de l'italien[5] (avant l'invention de l'harmonica de bouche allemand).
Références :
- Site Internet de GlassDuo ICI
18:10 Publié dans Anecdote, Art, Culture, Culture, Histoire, Le mot du jour, Le site du jour, Loisirs, Mots, Musique, Potins, Science, Science, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0)
01/06/2026
Le Studio Harcourt
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Comme vous le savez, et si vous ne le savez pas, je vous l’apprends, un de mes dadas préféré est la photographie. Aujourd’hui Je vous propose une petite intrusion dans le monde de la photo de luxe : le mythique Studio Harcourt.
Depuis des décennies, le Studio Harcourt fait partie du mythe de la photographie à Paris, avec ses portraits élégants et intemporels.
1°) Le Studio Harcourt :
Studio Harcourt Paris (anciennement le studio Harcourt) est un studio photographique fondé en 1934 à Paris par la photographe Germaine Hirschfeld dite Cosette Harcourt, Robert Ricci et les frères Jacques et Jean Lacroix, particulièrement connu pour ses portraits en noir et blanc de vedettes de cinéma et de personnalités.
2°) Le style Harcourt :
Le style Harcourt se caractérise généralement par un plan rapproché du sujet plan taille cadré sur le buste ou gros plan sur le visage, ce qui implique un travail de retouches assez élaboré, sur le négatif comme sur l'épreuve, pour gommer les imperfections du portraituré et affiner le grain de la peau selon une esthétique extrêmement codée. Il reproduit l’éclairage de cinéma des années 30. Enfin,le post‑traitement (retouches) fait partie intégrante du style.
3°) Les Anonymes :
Les personnalités célèbres qui se font photographier dans le Studio Harcourt Paris ne payent pas la prestation. Si le cœur vous en dit, vous pouvez, moyennant finances, vous faire tirer le portrait dans le Studio Harcourt Paris pour une modique somme se situant entre 900 € et 1 900 € selon les formats et options choisis.
Harcourt : le mythique studio photo - France 3 Paris Ile-de-France
4°) Comment réaliser un portrait dans le style Harcourt :
S’il vous prend l’envie, vous pouvez vous lancer dans le « portrait Harcourt ». Voici quelques secrets dans cette vidéo. Un seul petit problème : le matos. Mais, vous pouvez vous en passer, en utilisant uniquement de simples sources lumineuses. Il en faut quatre : de face pour le visage, en hauteur derrière le sujet, derrière le sujet et, enfin, en éclairant le fond de côté sur les cheveux. Ce n’est pas facile, je vous souhaite bon courage.
Faire un portrait dans le style Harcourt – Light&Shoot
5°) Quelques exemples du tirage Harcourt :

Références :
- Site Internet du Studio Harcourt ICI
16:33 Publié dans Art, Culture, Culture, Le site du jour, Photographie, Potins, Shopping, Société, Société, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2)
18/05/2026
Dans la guerre des diapasons, le La 440 remporte la victoire
J’ai découvert cette bataille du "la" avec la professeure de flûte à bec de ma fille dans le département de musique ancienne du conservatoire de la grande Ville. Lors de certaines soirées elle nous distillait, parfois, des notions de musicologie. Je vais essayer d’aborder ce sujet peut-être un peu technique de la manière la plus simple et la plus claire possible. Cet article se veut illustrer mon aphorisme préféré : « Un peu de culture ne nuit pas, cela évite de mourir idiot et... de passer pour un sot ».
Mon article est basé en « très » grande partie du magistral : « Pourquoi le diapason donne-t-il le la 440 et pas 432 ».
La note qui sert à accorder tous les instruments n’a pas toujours été la même, et elle a même fait l’objet de débats passionnés. Nous verrons dans cet article comment le "la" standardisé à 440 Hz a triomphé dans le monde musical.
1°) Définition sommaire :
Le diapason (a’) est une fréquence qui se mesure en Hertz (Hz). Loin des calculs physiques, il suffit de savoir que le son est produit par des vibrations. Plus la fréquence-diapason est élevée, plus le son est aigu. Le diapason moderne représente la fréquence correspondant au “la 4” de la gamme.
2°) Pourquoi le diapason donne-t-il le la 440 et pas 432 :
Beaucoup de musiciens le savent : le "la" donné par les diapasons tombe sur la fréquence 440 Hertz. Plus précisément, il s'agit du "La 4" (le la de la 4e octave du piano). Lorsqu'on fait vibrer un diapason, il produit une fréquence précise de 440 Hz. Ceci nous permet d'accorder les instruments.
Cela correspond à l’ancienne tonalité que l’on entendait lorsqu’on décrochait un téléphone. A une époque, il pouvait faire office de diapason de secours.
3°) Que vient faire la fréquence 432 :
Pendant longtemps, le "la" n’avait pas toujours correspondu à la fréquence de 440. Jusqu’à une période relativement récente, il était, réglé sur 432.
Mais, autrefois, les orchestres baroques accordaient leurs instruments d’une façon différente, en se référant à un "la" bien défini par l’époque y trouvaient maints avantages.
4°) En fait, il existait beaucoup plus d’étalons de diapasons :
Première découverte : avant que le 440 ne s'impose, il existait en fait pléthore de fréquences de référence :
« Pour la musique du XVIe siècle, on utilise le la 466 Hz. Pour le baroque vénitien (du temps de Vivaldi), c’est déjà le la 440 Hz. Pour le baroque allemand (du temps de Telemann, de Jean-Sébastien Bach…), c’est le la 415 Hz. Pour le baroque français (Couperin, Marais, Charpentier…) on s’accorde sur le la 392 Hz ! Il existe différents diapasons comme le diapason Haendel, réglé sur 423 Hz, le diapason Mozart, 422 Hz, celui de l’opéra de Paris, dit Berlioz, 449 Hz, et celui des pianos Steinway aux USA, 457 Hz. ».
5°) Verdi et le "la" 423, première tentative de normalisation :
Historiquement, un des premiers européens à chercher à légiférer en la matière fut apparemment le compositeur italien Giuseppe Verdi.
En 1884, il obtient de la commission musicale du gouvernement italien un décret de loi normalisant le diapason à un "là" à 432 vibrations par seconde.
Ainsi, le la 432 n'est aucunement une "ancienne et unique façon d'accorder les instruments". Mais tout simplement la première tentative de normalisation en la matière qui ait historiquement réussi à aboutir, puisque apparemment ce nouveau standard s'est répandu, notamment en France.
6°) La victoire du "la" 440 :
1939 : A Londres, la Fédération internationale des associations nationales de standardisation décide d’un diapason étalon étalonné à 440 Hz. Cette décision sera entérinée quelques années plus tard, lors d’une conférence internationale (toujours à Londres) en 1953. Les protestations des Italiens et des Français, attachés au la 432 Hz de Verdi, sont restées lettre morte. En 1975, le diapason la 440 Hz deviendra une norme ISO. Ceci imposera par la suite son utilisation dans tous les conservatoires de musique. Aujourd'hui la fréquence 440 Hz a donc gagné la bataille institutionnelle, s’érigeant aujourd'hui en standard international.
Cependant, dans le domaine de la musique ancienne, certains groupes baroques continuent de préférer le 415 Hz pour la sonorité particulière qu’il procure. En effet des hauteurs autour de 415 Hz sont cohérentes avec la pratique d’époque.
Aujourd’hui, le "la" 440 Hz est la norme mondiale, facilitant l’harmonisation des musiciens, tout en laissant à certains la place pour des pratiques alternatives selon les époques ou les préférences esthétiques.
En vidéo, la victoire du 440 :
La guerre des diapasons - Culture Prime - France Musique
Le "la" 440 :
440 Hz (10 seconds of A – muckinaboot
Le "la" 440 et "la" de l’ancienne tonalité lorsqu’on décrochait un téléphone :
Simulation d'un appel avec un téléphone à cadran U43 - Daniel Bourgeois
Pour finir, les différences de sonorité de deux interprétations d'une même mélodie, l'une en 440 l'autre en 432.


















