23/06/2026
"Fume, c’est du belge" : origine de l'expression

L’article d’aujourd’hui pourrait s’approcher d’une histoire belge. « Fume, c’est du Belge » : quand l’histoire du tabac belge vire à la contrebande.
Lu dans la newsletter de 20 Minutes du 17/06/2026 : « Belgique : Ils fabriquaient des cigarettes en quantité industrielle dans une usine clandestine » :
« En Belgique, depuis quelques années, la réglementation sur le tabac se durcit franchement et les taxes augmentent. Dans le même temps, la contrebande explose littéralement, au point que les produits alimentant le marché parallèle sont de plus en plus souvent fabriqués directement dans le pays.
Mardi, c’est à Thuin, au sud de Charleroi, à proximité immédiate de la frontière française, que les autorités belges ont démantelé une usine clandestine de fabrication de cigarettes. Selon les propos du Service public fédéral des finances (SPF) relayés par les médias belges, la douane et la police judiciaire de Charleroi ont fait une descente dans un hangar qui dissimulait l’installation permettant de fabriquer en quantités industrielles des cigarettes...
La réputation du tabac belge :
Le tabac et la Belgique ont une longue histoire d’amour. Vers 1640, la culture du tabac en plein champ débute en Flandre et en Flandre française. Au départ, et ce jusqu’à la première moitié du XVIIIe siècle, le tabac était cultivé dans de nombreux endroits, notamment dans les régions autour de Furnes, Dixmude, Wervik, Comines, Harelbeke, Grammont, Gand, Bruxelles et Ath.
Le tabac belge a joui d’une réputation de qualité, notamment grâce à son histoire et à ses méthodes de production traditionnelles. La Belgique a été un acteur important dans l'industrie du tabac, en particulier avec des marques comme "Belga" ou "Punch", qui étaient connues pour leurs cigares et leurs tabacs à pipe.
Si le tabac belge a longtemps été réputé pas seulement pour sa qualité, il l’a été aussi pour son prix plus bas et une réglementation moins stricte que celle de la France.
Le « renouveau » du tabac belge : le tabac clandestin :
Avec cette saisie de cigarettes dans un atelier clandestin, on peut dire que le tabac belge retrouve une certaine réputation mais d’un nouveau genre cette fois.
Une vidéo sur cet atelier clandestin :
Un atelier clandestin de cigarettes démantelé en Belgique - RTBF Info
Certes, le tabac belge a joui d’une belle réputation, mais d’où vient: « Tiens, fume c’est du belge » ?
Origine de l’expression « Fume c’est du belge :
Frédéric DARD qui écrivit, notamment sous le pseudo de SAN-ANTONIO, dans sa série de livres "San Antonio", employait fréquemment l'expression "Tiens, fume c'est du belge".
"Le belge" désigne le tabac belge, de bonne réputation, avec lequel on se roulait d'excellentes cigarettes - familièrement parlant, "de très bonnes pipes".
Mais, « Tiens, fume c’est du belge », est, aussi, une apostrophe obscène, invitant l'interlocuteur à une fellation. La qualité du tabac belge (pour pipes) ne suffit pas à expliquer clairement la genèse de cette expression.
Une autre explication fait allusion au "Mannekenpiss" bruxellois (la célèbre statue de Bruxelles représentant un enfant urinant), mais la métaphore du fumeur de pipe, vu le sens de pipe et l'expression "avaler la fumée", est beaucoup plus vraisemblable.
Suite au commentaire de jacques, je me dois d’ajouter un correctif concernant la vraie origine de «Fume c’est du belge». Je cite in extenso un extrait de son commentaire.
La vraie origine de l’expression « Fume c’est du belge :
« Fume, c’est du belge » est une expression argotique attestée au moins dès les années 1950, issue de milieux militaires ou techniques, déjà stabilisée dans les années 1960, et que l’on retrouve notamment dans le roman La 317e Section de Pierre Schoendoerffer (1963). Frédéric Dard ne l’a ni créée ni popularisée de façon significative ; il l’a simplement intégrée ponctuellement à son univers San-Antonio en raison de sa charge comique et de sa musicalité.
Fume, c’est du belge, le podcast :
FUME C’EST DU BELGE ! est un podcast dédié au rock et aux musiques alternatives made in Fédération Wallonie-Bruxelles (la région francophone de Belgique). Mené par Jacques de Pierpont (Pompon) et produit par Freaksville, le show mêle nouveautés, pépites oubliées, portraits d’artistes et mémoire vivante de la scène belge francophone. Sessions, extraits commentés, histoires de disques et de lieux cultes : un magazine audio pour découvrir, comprendre et archiver la vie en rock, version belge.
Plus sérieusement, abordons l’aspect économique du problème. Il n’y a pas qu’en Belgique qu’a lieu le trafic de cigarette, la France n’est pas mal classée parmi les états européens comme en atteste cette vidéo :
Tabac illégal : la France championne d'Europe ! - TF1 INFO
Conclusion :
Si "Fume, c’est du belge" reste une expression populaire, elle prend aujourd’hui une résonance ironique : celle d’un pays où le tabac, jadis symbole de qualité, est désormais aussi associé à l’illégalité. Un paradoxe qui interroge sur l’évolution des mentalités… et des lois.
Et vous, connaissiez-vous cette expression ?
Mais, n’oublions pas que FUMER TUE !
P. S. :
Pour être complet, « Fume c’est du Belge » est, aussi, un court métrage super 8, Une production Wajnbrosse. Il ne montre pas une, mais des histoires Belges… décapantes à voir sans plus attendre tant c'est désopilant.
Références :
- "Tiens, fume c'est du belge"
- Fume c’est du belge [fym sɛ dy bɛlʒ]
- Belgique : Ils fabriquaient des cigarettes en quantité industrielle dans une usine clandestine
12:37 Publié dans Anecdote, Citation, Culture, Culture, Economie, Histoire, La pensée du jour, Le mot du jour, Politique, Potins, Santé, Shopping, Société, Société, Vidéo, Vie pratique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4)


Commentaires
« Fume, c’est du belge » est une expression argotique attestée au moins dès les années 1950, issue de milieux militaires ou techniques, déjà stabilisée dans les années 1960, et que l’on retrouve notamment dans le roman La 317e Section de Pierre Schoendoerffer (1963). Frédéric Dard ne l’a ni créée ni popularisée de façon significative ; il l’a simplement intégrée ponctuellement à son univers San-Antonio en raison de sa charge comique et de sa musicalité.
D’abord, le constat statistique est sans appel : 7 occurrences sur 183 romans. Ce n’est absolument pas une expression caractéristique de Dard ou de Bérurier. On est loin du tic de langage récurrent.
Écrit par : jacques | 23/06/2026
@jacques - Pan sur le Bec !
C'est tout à fait exact !
Dans un premier temps, j'ai soumis la question à Copilot "origine de « Fume, c’est du belge »" qui m'a répondu :
"L’expression « Fume, c’est du belge » vient à l’origine du tabac belge, réputé pour sa qualité, mais son sens réel est devenu argotique et grivois, notamment popularisé par Frédéric Dard (San‑Antonio)".
Puis dans un deuxième temps, j'ai soumis ton texte à Copilot. Sa réponse :
"Tu as parfaitement raison sur toute la ligne : les données textuelles, les attestations littéraires et l’histoire de l’argot confirment que « Fume, c’est du belge » n’est ni une invention de Frédéric Dard, ni un tic emblématique de San‑Antonio, mais une expression déjà bien installée avant lui".
Et il conclut :
"Ton analyse est exacte, cohérente avec les sources, et corrige une idée reçue assez répandue".
C'est marrant de voir comment, dans un premier temps, Copilot s'est planté !
Merci de ce commentaire !
On en apprend tous les jours.
De fait, compte tenu de ton commentaire, je rajoute un correctif à mon texte.
Ah, j'oubliais, le lien vers Copilot :
https://copilot.microsoft.com/shares/JqY2gzJUeFQppK71zH7z6
Encore merci d'être passé sur mon Blog.
Écrit par : Docteur Sangsue | 23/06/2026
Cette expression je l'ai souvent entendu, mon mari l'employait.
Écrit par : Elisabeth | 28/06/2026
@Elisabeth - Moi aussi, mais je ne savais pas du tout d'où elle venait. On devient plus curieux avec l'âge, ou c'est dû à la tenue d'un Blog.
Écrit par : Docteur Sangsue | 28/06/2026
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