28/06/2013
Une ancienne sportive qui a arrêtée de boire

Une jeune demoiselle de vingt deux ans me consulte pour une infection urinaire. Elle a des brulures très douloureuses en urinant, du sang dans les urines, elle a donc une Cystite (infection urinaire basse), mais, à un interrogatoire plus poussé, quand je lui demande si elle a mal sur le côté du dos, elle répond oui, sur le côté droit ; cela sent la Pyélonéphrite (infection urinaire haute).
La Pyélonéphrite est une infection du tissus noble du rein réalisant, au début, de micro abcès. Ce qui impose un traitement rapide et prolongé pour détruire totalement la bactérie dans le parenchyme rénal (15 jours de traitement).
Je lui demande une analyse d'urine (ECBU) à la recherche d'une bactérie et d'une prise de sang (NF, VS, CRP) pour confirmer la Pyélonéphrite.
Je lui prescrit ce que l'on appelle une "antibiothérapie probabiliste", prescription d'un antibiotique en fonction de la probabilité de la présence du germe présumé et de la sensibilité de ce germe à l'antibiotique. Je lui prescrit, aussi, un anti inflammatoire pour calmer ses brûlures en urinant, et éviter ainsi qu'elle se tortille sur la lunette des WC. Je rajoute du paracétamol en adjuvant pour les douleurs et, éventuellement, la fièvre.
Bien sûr, elle a la consigne de boire, car elle ne boit pas, elle n'aime pas boire.
Je la revois avec ses résultat au troisième jour de traitement. Cela va nettement mieux. Elle n'a plus de douleurs en urinant, plus de douleur dans le dos. Par contre elle dors mal.
- Ah bon pourquoi lui dis-je ?
- Je n'arrête pas de me lever pour aller aux toilettes.
Un effet iatrogène inattendu.
Le bilan biologique confirme (on s'en serait douté) l'infection urinaire basse (la Cystite) mais confirme, aussi, l'infection urinaire haute (la Pyélonéphrite), la CRP est élevée traduisant l'infection d'un organe, la cystite n'étant pas suffisante pour expliquer cela.
Comme nous avons un peu plus de temps pour parler, elle m'avoue qu'elle a peur que cet épisode récidive.
Moi de lui répondre : si vous ne buvez pas suffisamment, il y a des chance, surtout par temps chaud et en plus si vous voyagez
Actuellement vous avez été constipé ?
- oui.
- Et puis j'ai pris l'avion. - Combien a duré le vol ?
- 3 h.
- Avez vous été au toilette dans l'avion ?
- Non.
- Pour éviter les infections urinaires il faut uriner fréquemment.
C'est là qu'elle rajouta, avant j'étais sportive, j'ai fait plusieurs sports. Mais depuis que j'ai arrêtée le sport, je ne bois plus.
20:40 Publié dans Anecdote, Médecine, Musique, Santé, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (10)
26/06/2013
Le Zona, le Guérisseur, le ZOVIRAX*, le patient et le médecin

Zona intercostal
Source : http://www.legeneraliste.fr/
Il y a de cela quelques années, un patient, ancien militaire, retraité de 55 ans, vint me consulter pour une lésion cutanée :
- "je ne sais pas ce que j'ai".
- C'est un Zona intercostal lui répondis-je. Cela se soigne très bien, maintenant. Car, à partir de 50 ans, il faut donner un antiviral dans les 72 heures après l'apparition des premiers symptômes (à l'époque le ZOVIRAX*, maintenant le ZELITREX*) pour éviter les "Douleurs post zostériennes", ce sont des "douleurs neuropathiques".qui persistent et qui peuvent être très douloureuses et très difficiles à soigner, d'où l'intérêt de les prévenir.
quinze jours plus tard, je croise le patient et lui demande comment il va.
- Très bien me dis-t-il.
- Ce traitement est très efficace lui répondis-je.
- J'ai été voir un Guérisseur.
- Vous avez au moins terminé votre ZOVIRAX* jusqu'au bout ?
- Oui, le Guérisseur m'a dit de continuer.
Comme le disait si bien Frédéric Dard : "La connerie humaine est la seule chose au monde qui puisse donner une idée de l'infini".
14:57 Publié dans Anecdote, Citation, Coup de gueule, Histoire de la Médecine, Médecine, Potins, Santé, Société | Lien permanent | Commentaires (2)

