15/01/2026
Médecins libéraux : 80 ans d'histoire des acquis sociaux,des charges écrasantes, mais un métier technique et humain passionnant

Il m’arrive très rarement de republier un commentaire que j’ai moi-même rédigé sur mon blog, mais c’est le cas aujourd’hui. Ce texte est suffisamment développé pour constituer un article à part entière, venant ainsi le compléter.
Cet article est une reprise d’un long commentaire que j’ai laissé sur mon blog concernant mon dernier article du 12/01/2026 : « De l’utilité du Médecin Généraliste et de l’impact de ceux-cis lors de la grève des Médecins Libéraux ». Il vient en complément et fait une suite logique.
1°) L'histoire des acquis sociaux des médecins libéraux :

Si on se replonge dans le passé pour ce qui est des acquis sociaux des médecins voilà le déroulement dans le temps :
La Sécurité sociale en France (le régime général pour les médecins conventionnés secteur I ou Secteur II) a été créée par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945.
Pour ce qui est de la caisse de retraite des médecins, la CARMF voici son déroulé. En 1948 : Création par décret et régime de base. En 1949 : Institution des régimes de base (RB) et complémentaire vieillesse (RCV). En 1955 : Mise en place du régime invalidité-décès (ID). Et seulement en 1960 : Gestion des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV).
C’est seulement en 1962 qu’a été créé le "Sou Médical", le Service Social Médical de la CARMF, qui aide les médecins libéraux via des assistants sociaux pour leurs difficultés (invalidité, retraite).
2°) Les assurances et responsabilités civiles professionnelles :

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Au niveau assurance, la MACSF (Mutuelle d'assurance du corps de santé français) a été créée en 1935 pour assurer les professionnels de santé contre les risques corporels, matériels et de responsabilité civile. Elle assure aussi maintenant les locaux, les voitures.
La responsabilité civile du médecin est de 30 ans, voire 40 (30 + 18 = 40 ans ) ! Pour tenir compte de la prise en charge des enfants jusqu’à la majorité, d'où la nécessité d'être bien assuré. Cependant, le médecin n’a qu’une obligation de moyen et non de résultat comme c’est le cas pour le garagiste.
3°) Le délai de carence lorsqu’un médecin libéral est malade :

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Il faut savoir que le délai de carence de prise en charge par la CARMF, quand un médecin tombe malade et ne peut pas exercer, est de 90 jours : 3 mois ! Mais depuis juillet 2021 un nouveau régime d'indemnités journalières (IJ) géré par la CNAVPL ramène la carence à 3 jours pour les arrêts maladie, comme pour les salariés du privé, a partir du 91 eme jour la CARMF prend le relai.
Depuis juillet 2021, oui vous avez bien lu ! Depuis juillet 2021, cela ne fait que...quatre ans !
Je suis à la retraite depuis le premier janvier 2017, autant dire que je n’avais que mes beaux yeux pour pleurer - https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/que-ses-yeux-pour-pleurer
La seule solution, avant cette date, était de souscrire une assurance pour couvrir cette carence (c’est le cas de le dire).
Avant, comme quoi pour la santé, on pouvait dire que c’était le médecin qui était le plus mal chaussé.
4°) Les charges écrasantes des médecins libéraux :

Serge Gainsbourg brûlant un Pascal (billet de 500 francs)
Enfin, le revenu brut des médecins est amputé de plus de 50 à 60 % par les impôts (bien sûr), les charges (location du cabinet, électricité, ordinateur, logiciel médical, abonnement du VIDAL (qui, maintenant, est payant), la CARMF, la MACSF... C'est un peu le billet de 500 francs de Serge Gainsbourg (Le 11 mars 1984, dans l’émission « 7 sur 7 » sur TF1) mais qui part, dans ce cas, seulement... à moitié, en fumée.
5°) La passion du métier :

Si l’on dit que la médecine peut être une vocation, mais je n’aime pas trop ce mot, c’est un métier passionnant avec la récompense jouissive quand un diagnostic est bien posé avec un traitement adapté et que l’on voit un patient littéralement sauvé qui sans diagnostic correct et sans traitement adapté serait… mort ou gravement handicapé.
Les pouvoirs des examens complémentaires qui ont bien évolué (biologie, imagerie : scanner IRM), les pouvoirs de la chirurgie (cœliochirurgie, prothèses), les cathétérismes interventionnels (pose de stent des coronaires lors d’infarctus du myocarde, possibilité d’intervenir sur les valves cardiaques, interventions neuro-vasculaires pour les AVC) et des médicaments sont purement fabuleux (les médicaments les plus efficaces en termes de vies épargnées sont… les vaccins, n’en déplaise à ses détracteurs).
6°) Le médecin garagiste :

In fine, je compare parfois un médecin à un garagiste, après tout le corps humain est une machine mais qui, en plus, a un cerveau pensant, dont il faut bien tenir compte.
Bon, puisque vous m’avez suivi jusque-là, pour vous récompenser de votre persévérance, je vous livre les deux qualités indispensables pour être un bon médecin : avoir le cœur bien accroché et un sens de l’observation bien développé. Une vidéo limite-limite bien dans l’esprit carabin.
Cours de médecine - Blague limite-limite - Limite-limite
Conclusion :
Au fil des décennies, la médecine libérale a su évoluer tout en conservant l’essentiel : la relation de confiance entre le médecin et ses patients. Certes, les charges, les contraintes administratives et les responsabilités peuvent sembler écrasantes. Ce métier à la fois technique et profondément humain demeure un repère indispensable de notre système de santé et le reflet d’un engagement quotidien au service des autres.
Références :
- CARMF
- MACSF
- CNAVPL
- 11 mars 1984, Serge Gainsbourg crame un “Pascal” en direct sur TF1
12:57 Publié dans Anecdote, Economie, Histoire de la Médecine, Médecine, Mots, Politique, Société, Société, Télévision, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (1)

