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28/10/2013

La palombe et le sanglier

Palombière - Crédit Photo : Wikipédia


Il est d'actualité de discuter longuement sur le massacre des animaux sauvages par ces sanguinaires chasseurs avides de carnages et de tableaux de chasses bien garnis.

Le Sud-ouest vit, actuellement, un moment intense, la migration des palombes. C’est un moment social et festif important. C'est un peu, pour le paloumaïre (le chasseur de palombe), l'équivalent de la fête de Noël.

La chasse à la palombe est une occasion de se rencontrer, de construire une palombière qui servira, outre à chasser, mais aussi à faire ripaille permettant ainsi de cuisiner la célèbre entrecôte bordelaise, tout en dégustant un bon vin de la région. La chasse, c’est aussi une culture, n’en déplaise à certain. Je tiens à préciser que je ne suis pas chasseur, que j’adore la nature et je sais pertinemment ce qu’est la vraie ÉCOLOGIE SCIENTIFIQUE.

Oui, je vous vois venir, vous allez me dire : "votre chasseur va rayer de la terre la race des palombes".

Attendez et lisez la suite.

Il y a actuellement une invasion de... SANGLIERS sur la côte Aquitaine, cette magnifique côte d'Argent, faute de... battues en nombre suffisant.

Original non !

Des gens bien intentionnés ont bien essayés de distribuer, au coin des bois, des préservatifs* à Dame Sanglier mais ce fut sans effet.

Sans battue point d'espoir.

Mais alors. Pourquoi ce paradoxe ?

Mais oui, les animaux se reproduisent et n’ont pas la pilule et, sans prédateurs, c’est la redoutable prolifération.

C’est le cas de notre cher sanglier errant dans les forêts. C’est aussi le cas des étourneaux qui envahissent nos villes et les souillent de fientes. Quand il est bien nourri de raisin l'étourneau est fort bon en salmis. Sans prédateurs, ne restent plus que les battues, c’est à dire les vilains chasseurs deviennent nos sauveurs.

Le seul problème c’est que le chasseur devient une denrée rare, en effet, la relève n’est plus assurée

En faisant un prélèvement raisonné, on maintiendrait un équilibre démographique.

Cet équilibre démographique est essentiel pour avoir un bon équilibre écologique et une vie en bonne harmonie entre les différentes espèces animales. Il n’y a qu’à se promener dans la forêt quand les sangliers ont ravagés le sol car, trop nombreux, ils sont en manque de nourriture, c'est un véritable carnage.

L'homme est le premier à pâtir de cette situation.

Arrêtons de rêver.

Revenons dans la réalité.

Il est absolument indispensable de réguler intelligemment les naissances des animaux sauvages en France.

 


Quelle solution contre le dégât des étourneaux... par TVSud


Impressionnant !

 

* Je ne peux résister à vous renvoyer à la célèbre Désencyclopédie qui est toujours très bien documentée.

22/10/2013

Le vieux réveil

Crédit Photo : http://www.momentanementdisponible.com/


J'ai le bonheur d'avoir en ma possession un vieux réveil digital qui a comme caractéristique particulière d'avoir été acquis par ma belle mère lors d'un achat de vêtement par correspondance. Un beau cadeau. Un cadeau utile et... résistant puisqu'il a passé l'épreuve du temps. Il est toujours là… quarante ans plus tard. Enfin...

C'est d'abord ma femme qui, le volant à sa mère, se l'est appropriée, puis moi, à mon tour.

Dernièrement, après plusieurs chutes multiples sans aucunes conséquences fâcheuses apparentes, il se bloqua.

J'en fus fort contrit.

Je le débranchais et le mis dans un coin.

Puis dans un sursaut d'espoir, dans un dernier acte désespéré pour sauver ce fidèle serviteur, je le rebranchais et lui donnait une claque sur le dos, et bien, vous me croirez si vous voulez...

Il reparti !

Pour clôturer ce petit post sur ce vieux réveil, je vais vous faire partager un bref morceaux d'un musicien qui fait partie de mon panel de mes auteurs préférés, François Couperin. Le choix de ce morceau n'est pas innocent, le réveil-matin.

21/10/2013

Une toux bien mystérieuse


Il m'a fallu pas mal de temps dans mon exercice professionnel pour me rendre compte qu'il ne fallait confondre toux et toux.
Souvent, en ce temps là, on m'emmenait souvent des enfants avec une toux sèche, puis on me les ramenaient avec la même toux quelques jours plus tard, c’était une crise d'asthme. Je finis donc par me méfier.

Cependant...

Les parents dans leur "perversitude" infinie m'amenaient leur descendance malade de maladie asthmatique oubliant de me signaler la perfide maladie et moi de demander en posant le stéthoscope sur la poitrine du petit malade sifflante à tout rompre :

 -"Il n'a jamais fait de crises d'asthmes ?"

 -"Si on a oublié de vous le dire".

Il faut se méfier de la bronchite chez l'enfant. On peut même citer l'aphorisme du Docteur Sangsue :"Il n'y a pas de bronchite aiguë chez l'enfant c'est une crise d'asthme".

Le coup de la bronchite chez l'adulte on me l'a fait souvent, puis en posant le stéthoscope, bonjour les sibilants. Pan, tu parles d'un bronchite c'est de l'asthme, et comme ce n'est pas la première crise, c'est une maladie asthmatique.

Des fois la médecine c'est désolant !

D’abord de mettre du temps à comprendre cela alors que l'on ne nous l'a pas appris, d'autre part, de toujours répéter au patient que c'est de l'asthme dédramatiser (normal) de dire aux patients de se traiter et qu'ils ne le font pas. Quand aux fumeurs qui ont un risque pulmonaire très élevé... Asthme et tabac ne font pas bon ménage. Cela me laisse un peu désabusé. Je pensais, naïvement que l'arrivée de la cigarette électronique allait m'aider, j'avoue être, là, pour le coup, totalement désabusé.

18/10/2013

Un antibiotique oublié




Il n’y a pas que les légumes oubliés, en médecine il existe, aussi des médicaments oubliés.

Je veux évoquer, ici, un antibiotique oublié, sorti il y a une dizaine d’année, si je me souviens bien, c'est un antibiotique de la classe des fluoroquinolones, le ZAGAM*.

Cet antibiotique fut lancé, en médecine générale dans le traitement des bronchites, bon, je schématise, dans le traitement des bronchites disons « banales un peu cognées » pour cultiver l’ambigüité des V.M. (visiteurs médicaux).

Lors des essais en Phase IV un "petit" inconvénient, un effet secondaire passa inaperçu dans sa fréquence, mais se révéla redoutable lors de sa mise sur le marché.

Peu de temps après sa « commercialisation » et sa prescription en médecine générale des patients furent atteints de brulures au deuxième degré lors d’expositions au soleil pour de simples bronchites ce qui conduisit au retrait pur et simple du ZAGAM* à la prescription en médecine générale.

Tout cela pour de banales bronchites.

Étonnant non ?

17/10/2013

Quand tout bascule à la consultation



Je soigne depuis déjà pas mal de temps une patiente étrangère, d'ailleurs un peu étrange, diabétique et hypertendue, jusque là, rien de bien surprenant au niveau médical.

Cependant...

Elle était fatiguée le matin.

Elle décrivait des malaises bizarres, sans sémiologie médicale signant une pathologie organique. Le véritable casse tête.

D'autant plus, qu'étant en péri ménopause, elle était atteinte de règles abondants lui collant une carence en fer, ce qui n'était pas pour arranger les choses.

J'avais bien essayé de l'envoyer chez un Psychiatre, ce fut peine perdue.

Dernièrement, elle vint consulter pour un prurit tenace sine materia (j'adore ce terme signifiant démangeaison sans raison). J'en profitais pour coller le bébé au Dermato qui me répondis par une longue lettre ou il m'écrivis qu'il n'y avait pas de cause dermatologique mais que vu l'asthénie matinale, la patiente devrait comme je l'avait souligné consulter un Psy. Tête de la patient quand je lui lu la prose du Dermato.

C'est la que tout dérape.

"Ce n'est pas parce que je vais aller voir un Psy que mon père reviendra" !

"Votre père va revenir" ?

"Mon Père est mort"

"Votre Père est Mort" ?

"Oui, il s'est suicidé, c'est moi qui l'ai découvert, à l'époque j'avais vingt deux ans."

Une simple consultation Dermato comme catalyseur...

Et maintenant qu'est-ce que je fais devant ce Trouble de Stress Post Traumatique vieilli ?

Une histoire horrible comme on en entend parfois. Il faut toujours du temps pour l'accouchement.

09/10/2013

Bricolage à l’Hôpital

Crédit Photo : http://www.pro-facility-services.fr/


C’est une sympathique patiente, la soixantaine, suivie et traitée actuellement pour un cancer du sein dans le centre régional de lutte contre le cancer qui, subitement, est atteinte, dans le centre même, d’une dyspnée (essoufflement) très importante. Une suspicion d’embolie pulmonaire est portée d’emblée. Dans la foulée sont pratiquée bilan biologique, radio des poumons, scanner, IRM, qui ne confirment pas le diagnostic.

Après une semaine d’hospitalisation, la patiente ressort sans diagnostic, sans dyspnée mais toujours avec ses douleurs.

A l’arrivée à ma consultation, après qu’elle m’eut racontée par le menu ses péripéties hospitalières Je l’interroge.

Elle me raconte alors que tout a commencé quand elle a ressentie une vive douleur en s’appuyant violemment contre un cercueil de congélateur dans une grande surface pour attraper une poche de légumes congelés dans l’intention se faire une soupe.

Cela se mit à sentir furieusement la fracture de côte. Une fracture de côte toute simple. Une banale fracture de côte (enfin banale...).

Fallait-il faire tout ces examens pour une banale fracture de côte ?

Certes une Embolie Pulmonaire est une urgence médicale grave, c'est une urgence vitale : Aphorisme médical : "Le malade se lève pousse un cri et meurt".

C'est évident qu'il fallait le faire, MAIS... L'urgence vitale évitée, peut être eut-il été utile de pousser un tout petit peu plus loin les investigations.

L’interrogatoire terminé, je demandais une radio du grill costal et une échographie chondrale.

La radio confirma mon diagnostic de fracture de côte.

Combien coûte un scanner et une IRM ?

Certes une Embolie Pulmonaire est une urgence médicale grave. D’autant plus que les cancers augmentent le risque de former des embolies…

Je ferais mieux de me taire puisque de toutes les façons ces examens étaient absolument indispensables devant la suspicion d'une embolie pulmonaire.

Cependant, on peut se poser la question de savoir si cette patiente a été interrogée correctement dans ce centre référent.

L'Intérêt d'un vrai diagnostic repose sur le fait que l'on peut avoir une bonne attitude thérapeutique. En l’occurrence, pour qu'une fracture de  côte, chez une femme ménopausée, survienne lors d'un traumatisme pas si violent que ça (comme une fracture du poignet, fracture de Pouteau-Colles) signe certainement une ostéoporose et si l'on ne fait rien cela débouchera de façon quasi certaine sur un ou des tassements vertébraux.

Cela commence à sentir, quand même, un peu, maintenant, l'urgence passée, à médecin bricolo bricole à l'hôpital.

Une vertèbre tassée ne repousse jamais. (Proverbe Chinois).

Avec tous les coups durs qui lui sont arrivés dans la vie, son cancer n'en est que la cerise sur le gâteau, cette patiente manipule avec art l’humour noir. Avec un peu d’habileté un médecin, tant soi peu entrainé, aurait pu connaitre l’histoire de la patiente au cancer du sein cognant dans un cercueil.

La connaissant comme je la connais, elle apprécierait à sa juste valeur cet humour « un peu » déjanté

J’ai remarqué, dans mon exercice professionnel, que, très souvent, les gens matraqués par la vie manipulent, en général, fort bien l’humour noir.
 

07/10/2013

Bricolage au cabinet médical





Se présentent à la consultation un jeune patient de 17 ans accompagné de sa mère.

Le motif de la consultation est pour le moins original et peu banal, une ampoule au niveau du tendon d'Achille gauche, le jeune homme étant en stage dans le cadre de sa terminale professionnelle (dernière année de son Bac Pro). Il avait eu la malencontreuse idée de porter, très peu de temps, des basket neuves, il s'était fait une superbe ampoule au pire moment, lors d'un stage indispensable pour valider ses études. Comme quoi l'adage "petites causes grands effets" n'est pas totalement faux.

S.O.S. Médecins appelé, le médecin, d'ailleurs, ne fut pas content, mais pas content du tout d'être appelé pour si peu et ne se priva pas de le montrer à la maman. Mais devant, quand même, une cheville un peu enflée (?) il prescrivit un antibiotique à large spectre ratissant large, un antibiotique capable du tuer toute bactérie trainant sur sur son passage un peu comme Attila ou rien ne poussait là où il était passé.(une telle prescription était-elle justifiée ?) pour les connaisseurs, le nom de cet antibiotique, la PYOSTACYNE *, de quoi à écraser un bœuf ! Un nettoyage au Dakin (un antiseptique) pas logique et un pansement au Tulle gras sans retirer la peau qui recouvrait partiellement la plaie partiellement à vif, Ou, là ! Tout cela est un peu cavalier comme comportement thérapeutique. Et, enfin, quelque chose de logique, un certificat d'éviction temporaire de stage.

Il ne faut jamais juger un confrère, mais quand même, un antibiotique large spectre pour une simple ampoule ! Pourquoi pas un Kärcher* pour laver un verre à eau (ou à vin) !

En fin stratège (je sais, ma modestie me perdra), j'arrêtais l'antibiotique, le Dakin, le Tulle gras et prescrivis du COMPEED* puis prolongeais l'éviction de stage.

Au moment de me faire régler mes honoraires, la carte vitale refusa d'entrer dans mon lecteur.






A ma grande stupéfaction, je me rendis compte qu'un coin situé prés de la puce était cassé et avait été rafistolé, par la maman, en bonne bricoleuse qu'elle était avec... un adhésif transparent !

Avec l'autorisation expresse du patient et surtout de sa mère, je procédais à l'ablation du coin cassé simplement en enlevant l'adhésif, et, comme, lors du traumatisme, la carte avait été tordue et de ce fait ne rentrait pas dans le lecteur, je recoupais, prudemment, avec des ciseaux, une lamelle de la carte, en faisant très attention à passer à distance de la puce, la partie vitale de la carte, c'est bien le cas de le dire.

Une véritable mini opération chirurgicale.

Et là, miracle, je pus, enfin, me faire, décemment, enfin si l'on peut dire, régler, je n'ose dire honorer,  mes misérables petits 23 €.

A propos d'ampoule, en médecine, il faut, parfois, aussi, avoir des idées lumineuses.