15.12.2009

Un examen inutile

Crédit Photo : www.terredisrael.com/

 


Il m’arrive parfois de « faire de la médecine » dans l’entourage familial. Récemment, il m’est soumis le cas d’une tante de soixante dix ans qui s’est fracturé une côte. Pour nous, médecins, une fracture de côte c’est comme un tassement vertébral et cela traduit une ostéoporose avérée.

Or son médecin lui a demandé qu’elle passe une ostéodensitométrie, un examen qui permet de chercher et confirmer une ostéoporose (évaluation du risque fracturaire).

Du point de vu médical pur, cet examen est inutile car la fracture de côte seule permet d’affirmer l’ostéoporose. Du point de vu thérapeutique, c’est essentiel car cette tante est réticente à tout traitement médical allopathique, car elle ne jure que par l’homéopathie.

Son médecin est donc un bon médecin pour avoir prescrit un examen inutile, en effet le résultat de l’examen marqua profondément cette tante car, bien évidemment, il mit en évidence une ostéoporose importante.

Il faut savoir pratiquer, parfois, des examens inutiles.

05.12.2009

L’observance, le point de vue d’un généraliste de quartier

http://blogs.ionis-group.com/iseg/strasbourg/sport/sante/





L'observance ou compliance encore appelée adhérence, ces trois mots désignent le fait que le patient suit (ou non) son traitement. (http://fr.wikipedia.org/wiki/).

Seule, la moitié des patients suivent leur prescription médicale (www.em-consulte.com/).

En Médecine Vétérinaire, L’observance des antihypertenseurs ne s’élève qu’à 27% ! (www.vetoquinol.be/).

Au début de ma carrière, je ne comprenais pas, pourquoi, beaucoup de mes patients n’observaient pas ou mal mes ordonnances, (voire, parfois, refusaient, carrément, tout traitement) cela, surtout, pour les pathologies chroniques comme l’hypertension, le diabète et le traitement des dépressions, pour ne citer que trois grosses pathologies, la dépression étant un peu à part*.

Cela m’irritait profondément : « Décidément, ces patients, tous les mêmes ! ».

Puis, à la longue, me vint l’idée que le patient n’était peut être pas si fautif que ça. Une pathologie chronique peut être vécue comme un deuil, pour bien se soigner, le patient doit faire le deuil de sa maladie pour pouvoir l’accepter et accepter le traitement. Ce travail de deuil peut, parfois, prendre du temps, ce qui explique l’inobservance en début de traitement. Il faut alors au Médecin Traitant une certaine dose de patience pour reformuler, encore et encore de façon progressive et pédagogique la maladie et le traitement qui va avec.

Dans l’inobservance, pour beaucoup, c’est la faute à la maladie, pour un peu c’est la faute au patient, mais bien souvent c’est la faute… au médecin.



* Le cas de la dépression est un peu à part. En effet, dans ce cas la pathologie est moins palpable, en outre, tout ce qui touche « la tête » est très mal vécu surtout pour les hommes. Quand aux médicaments anti dépresseur, le praticien est décontenancé par le nombre de fois ou les patients ont peur, à tort, d’être ensuqué ou de devenir dépendant de ces molécules.

03.12.2009

Une appendicite à gauche

Un patient de 55 ans consulte pour une douleur abdominale. Il n’a pas été opéré de l’appendicite. Il a mal dans la fosse iliaque. Oui, mais c’est à gauche qu’il a mal et l’appendice est à droite. L’appendicite se caractérise par une douleur dans la fosse iliaque droite (FID). Les inversions de côtés existent, certes, dans la nature, mais c’est peu fréquent, une appendicite gauche est très rare.

Un aphorisme médical dit qu’une « appendicite à gauche » est une sigmoïdite aigue.

J’adresse donc le patient aux urgences.

C’était bien une sigmoïdite aigue diverticulaire, confirmée par le scanner des urgences.

La séméiologie ou sémiologie (l’étude des signes des maladies) est vraiment la base de la médecine.

La sigmoïdite ne se traite pas par le mépris, car le risque, en cas de perforation ce qui est quand même rare, est l’abcès et le risque de péritonite. Le traitement consiste en un traitement antibiotique dans la crise et comme traitement préventif, un apport de fibres alimentaires.

26.11.2009

Une crise de Colique Néphrétique

 

Voilà comment se fait un diagnostic en Médecine Générale : 80 % à l’interrogatoire. Dans le cas suivant, il suffisait de bien interroger le patient et de bien regarder la région du corps qu’il désignait.

C’est le tout début de la consultation du matin. Un patient que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam me montre son côté gauche, un peu vers l’arrière, en me disant : «  ça me fait mal et ça me coupe la respiration ».

Moi de lui répondre : « cette douleur me fait penser à une crise de colique néphrétique ».

Je lui donne, pour lui calmer sa douleur, un comprimé de BI-PROFENID*, le traitement de choix de la crise de colique néphrétique, on sait , maintenant que les antispasmodiques (type SPASFON*) ne servent à rien dans ce cas.

Je lui prescrit un ASP et une échographie avec suspicion de colique néphrétique gauche ; ainsi qu’une analyse d’urine avec dosage de l’acide urique (bien que celui-ci soit abaissé pendant les crises de coliques néphrétiques avec un calcul d’urate de sodium) et un examen cytobactériologique des urines (ecbu) à la recherches de cristaux pouvant révéler la nature du calcul responsable de la colique néphrétique de ce patient.

Bingo : L’échographie montre un calcul (le calcul d'urate de sodium étant radio transparant, il ne se voit pas à ,la radio, d'où l'utilité de l'échographie), l’ecbu révèle des cristaux d’urate de sodium l’acide urique est normal à 60 mg/l.


Il y a de forte chance que ce patient ait fit un calcul d'uarte de sodium, une sorte de "crise de goutte rénale".
Cerise sur le gâteau, le BI-PROFENID* a bien calmé le patient.



En Médecine Générale, le diagnostic se fait à 80 % par l’interrogatoire, à 20 % par l’examen clinique et à 10 % par les examens para cliniques (radios, scanner, IRM et examens biologiques).

 

Aphorisme : "Colique Néphrétique, colique frénétique, Colique Hépatique, colique pathétique".

 

A lire, pour approfondir :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Colique_n%C3%A9phr%C3%A9tique

http://www.ledamed.org/IMG/html/doc-10728.htm (article un peu ancien)

Conférence de consensus : http://www.sfmu.org/documents/consensus/cc_cna_court.pdf

20.11.2009

Que faire quand un patient "n’a rien"

 

Plus ça va, plus les gens consultent tôt, tant et si bien qu’ils consultent, maintenant, pour le moindre bobo.

Je me souviens, à mes débuts d’installation, ma seule crainte, c’était de trouver et de ne pas diagnostiquer une pathologie, maintenant, j’ai peur de ne rien trouver du tout.

Alors que faire quand un patient "n’a rien" ?

A part la prescription de PARACETAMOL, autrefois existait des médicaments pas chers et remboursés par la Sécurité Sociale, ces médicaments étaient des placebos, certes sans activité biologique mais non dénués d’activité psychologique (efficacité dans 70 % des cas), d’où le terme de placebo (voulant dire « je plairai »).

Il reste l’homéopathie et l’acupuncture, mais pour moi, simple allopathe, simple praticien de médecine conventionnelle, il ne me reste plus que mon stéthoscope pour pleurer.

Face à un patient qui "n’a rien", le médecin traditionnel est désemparé, j’exclus volontairement les patients souffrant de troubles psychiques masqués ou les patients consultant par prétexte avec une consultation cachée, vrai motif de la consultation.

En activité libérale, peut-on décemment dire à un patient : « Vous n’avez rien, je ne vous donne rien, c’est 22 € ».

Il faut que médecin et patient ne perdent pas la face, cela devient de plus en plus dur de nos jours, surtout depuis que « Les antibiotiques, c’est pas systématique »...

19.11.2009

Un exemple de Médecine Ayurvédique : La Sangsothérapie

L'Ayur-Véda ou Ayurvéda ou encore « médecine ayurvédique » est une sagesse et une médecine originaire de l’Inde et pratiquée dans d'autres parties du monde comme médecine non conventionnelle (Wikipedia).

 

18.11.2009

Une visite bien peu justifiée

 

- Allo, je vous téléphone pour savoir si vous pourriez faire une visite pour ma fille qui est bloquée du dos ?

- Elle a quel âge ?

- Quinze ans.

- C’est surprenant, en général c’est beaucoup plus tard. Elle ne peut pas du tout se rendre à ma consultation ?

- Je préfèrerais que vous passiez, de toute façons, je veux changer de médecin traitant.

- Pour les papiers on verra plus tard. Bon, je vais essayer de passer avant ma consultation.

Je ne fais pratiquement plus de visites, sauf les personnes âgées et les gens qui ne peuvent vraiment pas du tout se déplacer. Il faut  dire que l’écart entre la visite, en semaine, (V+MD= 32 €) et la consultation (C=22 €), soit 10 €, est quasi dissuasif. Cela me rappelle une visite d’examen du nourrisson, où j’ai abîme ma voiture, tout cela pour une somme dérisoire ; en définitive cela m’a coûté bien plus cher que cela ne m’a rapporté, les risques du métier, me direz-vous et en compensation de tout ce que je suis sensé gagner. J’ai aussi fait, en son temps, des visites dans des secteurs très éloignés du mien et à la rentabilité bien plus qu’aléatoire, il faut bien que jeunesse se passe. J’ai toujours aimé mon métier, et je l’aime toujours comme au premier jour. J’ai essayé de bien l’exercer. J’ai toujours respecté le serment d’Hippocrate, enfin que je saches, on peut commettre des erreurs, parfois, mais j’ai fini par comprendre une chose : « Charité bien ordonnée commence par soi même ».

Mais je sais qu’il ne fait pas bon de parler d’argent dans notre pays.

J’arrive donc au domicile de la jeune patiente, elle est en train de prendre un cours de math et m’accueille avec le sourire.

Après un interrogatoire approfondi, quasi policier, et un examen clinique sommaire, il s’avère que cette jeune patiente est passée d’un lycée très moyennement côté a un lycée très côté et qu’elle est larguée en math, bref elle somatise. Elle n’a plus d’activité sportive mais doit reprendre le… cheval.

Ah, j’oubliais, avant de m’appeler, la mère a bien failli… amener sa fille aux urgences, comme si les urgences n’avaient que ça à traiter, et, en plus, cela démontre bien que la jeune patiente pouvait, de fait, se déplacer et venir à mon cabinet.

Juste avant de partir, la mère me tend un papier de CMU. Certes je serai payé de ma visite, moins le prix de l’enveloppe et surtout du timbre, là je sais, je chipote, mais c’est pour le principe, en plus, comme c’est une feuille de soin papier, je ne serai « honoré » que dans un mois.

Je n’ai absolument rien contre la CMU, Il est tout à fait normal d’aider les gens dans la difficulté, cela fait partie, aussi, du serment d’Hippocrate, j’accepte donc la CMU normalement comme tout acte, pour moi c’est un acte normal, de plus, au cabinet, avec la télétransmission, tout est parfait, le système marche très bien. Quand une visite est justifiée, je ne dis rien non plus, mais, dans ce cas précis… Réfléchissons un peu, il y a un manque certain de la réalité et un certain manque de respect vis-à-vis du médecin.

Mais je sais qu’il ne fait pas bon de parler d’argent dans notre pays.

Avant de demander une visite à votre médecin, posez-vous la question : « cette visite est-elle vraiment justifiée ? » votre médecin n’en sera que plus dévoué à votre égard.

Ce n’est pas qu’une affaire d’argent, c’est aussi une affaire de respect.

Mais je sais qu’il ne fait pas bon de parler d’argent dans notre pays.

13.11.2009

La campagne de vaccination contre la grippe A ne fait pas recette

Crédit : B. AMSELLEM/20MINUTES

08.11.2009

Taxation des indemnités d'arrêt maladie

Les indemnités d'arrêt maladie bientôt taxées

Créé le 07.11.09 à 13h26
Mis à jour le 07.11.09 à 13h34
Une personne présente sa carte vitale et une feuille de soins dans une antenne de la Caisse d'assurance maladie, à Paris
Une personne présente sa carte vitale et une feuille de soins dans
une antenne de la Caisse d'assurance maladie, à Paris/
Jean-Pierre Muller AFP/Archives

SANTE - Les députés ont voté pour, vendredi. Cette imposition pourrait s'appliquer dès 2011...

Les accidents du travail débouchent sur une nouvelle taxe. Vendredi, les députés ont adopté un amendement prévoyant l’imposition des indemnités journalières des accidentés du travail. «Un scandale» a dénoncé samedi la Fnath (association d'accidentés du travail).

«Inégalité»

«Loin d'instaurer une égalité de traitement, cette mesure renforce la forte inégalité qui touche les victimes de travail par rapport aux autres victimes d'un dommage corporel», a-t-elle estimé.

Une pétition dénonçant «le scandale» du principe de cette taxation avait été signée samedi par près de 15.000 personnes, dont les porte-parole des principaux partis de gauche et d'extrême gauche.

Selon la mesure adoptée à la Commission des finances de l'Assemblée nationale, la taxe s'appliquera à partir de 2011 sur les indemnités perçues en 2010. A l'initiative de Marie-Anne Montchamp (UMP), les députés ont toutefois décidé de plafonner la taxe...

07.11.2009

Une visite médicale pas ordinaire

www.shellyssciencespot.com/

 

J’ai tendance, parfois, à avoir des idées assez farfelues, pour une fois, j’ai été battu par une Visiteuse Médicale.

Ce jour là j’étais en forme, détendu, je venais de recevoir mon nouveau joujou, mon nouvel outil de Formation Médicale Continue, le VIDAL Reco.

Bref tout baignait.

La visiteuse médicale l’a bien perçue, elle a du métier, en plus elle est gentille et non dénuée d’humour, ce sont les professionnels de la vente les plus redoutables.

-« Puisque vous êtes en forme, je vais inverser les rôles, vous allez, aujourd’hui, me faire la visite à ma place ».

Et moi, beau joueur, de m’y coller, un peu dérouté et légèrement inquiet cependant.

Eh bien, cela m’a surpris, j’ai réussir à sortir des choses, dont la visiteuse médicale ne s’attendais pas ; montrant, d’une part, quelle travaillait bien, et, d’autre part, que j’écoute bien et que j’ai bonne mémoire.

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