22/02/2012
Capitaine abandonné : Un érysipèle bilatéral des membres inférieurs historique
Source : http://www.le-jardin-des-iris-du-barry.com/
Un patient me téléphone pour savoir quand il peut me voir, Cela tombe bien, je peux le voir rapidement, il a l’air un peu perdu au téléphone.
Je vois ce patient qui a entre quarante et cinquante ans.
Il me dit d’emblé, c’est grave, c’est les artères, je fume un paquet et demi par jour. J’ai mal aux deux jambes, j’ai l’impression qu’elles sont serrées comme avec une bande (de vieille peau ?), et que cela monte, progressivement, des chevilles au mollet et du mollet aux cuisses.
Je l’examine et je trouve un érysipèle bilatéral des membres inférieurs historique.
Il me dit avoir été sur Internet et avoir cru que c’était une artérite, surprenant, non ?
Il me raconte ensuite qu’il est sous SUBUTEX* (traitement de substitution pour l’héroïne) et qu’il a une hépatite C (des suites de ses piqures).
Comme il croyait à une pathologie artérielle, il avait pris 1 g d’ASPITRINE* par jour ( son raisonnement ne se tient pas trop mal)
Il n’est pas suivi par un Psychiatre.
Un Patient… abandonné par la société, qui va sur internet, donc qui a un certain niveau d’intelligence et de curiosité, certes, dépendant, (alcool tabac SUBUTEX*) qui développe un érysipèle historique, comme on n’en voit plus, d’ailleurs de nos jours, en médecine générale, c’est une maladie exceptionnelle (tout au moins là ou j’exerce).
Une HONTE. !
Laisser un patient intelligent et curieux ayant une pathologie psychiatrique grave mais pas désespérée.
Comme quoi, il faut frapper à la bonne porte pour se faire correctement soigner.
Malheureusement… Ce n’est pas son cas.
Il est classique, dans le milieu médical, de dire que les malades ayant des pathologies Psychiatriques « sérieuses » ont tendance à se faire moins suivre médicalement, et même par les Psychiatre, alors pour la médecine « tout venant »…. C'est ce que j'appelle la double peine, certains appellent ça une comorbidité et comme en pathologies "normales", il peut, déjà, y avoir des comorbidités, cela se voit aussi, bien évidemment, en pathologie "anormale" (Psy), là c'est plus que la quadruple peine, cela devient exponentiel.
Ce cas est parfaitement démonstratif.
Je lui ai posé une question : « Mais pourquoi n’êtes vous pas suivi par un psychiatre ? »
Et je le rassure sur sa pathologie, c’est un érysipèle, une cellulite, une infection qui se soigne très bien sous antibiotique.
Et je lui fais une lettre pour les urgences de l’hôpital de « la Grande Ville », car, là, le sujet me dépasse un peu, les deux jambes sont atteintes jusqu’en haut.
Quand au contexte social…
Pourvu, qu’un jour, il tombe entre les pattes d’un Psychiatre compétent.
Pauvre France !
Gold est un groupe de musique français essentiellement actif dans les années 1980, d'origine toulousaine.- http://fr.wikipedia.org/wiki/Gold_%28groupe%29 - Tout comme le groupe Images.
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10/02/2012
Petites incivilités matutinales
Lever de soleil sur le Mont Vinaigriair
Source : http://patmurris.blogspot.com/
Ce matin, il devait être huit heure trente deux, en passant devant une école maternelle, bien sûr c’était un peu la cohue, cependant, un père qui amenait une petite fille de trois ou quatre ans, traversa la rue pour entrer dans l’école, quand un vélo survint et le cycliste de dire : « Attention petite fille », d’un ton réprobateur, le père, illico, de répondre, d’un ton ferme : « c’est plutôt à vous de faire attention ». Et bien, vous me croirez si vous voudrez, mais le cycliste se mit à injurier le père.
De nos jours, les cyclistes sont pires que les automobilistes…
Quoique…
Je quittais donc la maternelle, et m’engageais sur un passage clouté, ils ne sont plus du tout cloutés d’ailleurs, ils sont zébrés, de nos jours. Je m’engageais, quand, soudain, une voiture me frôle et tourne devant moi.
En terme juridique la "qualification" de ces deux actes (l’équivalent du diagnostic en médecine), correspondent à ce qu’on appelle la non maîtrise du véhicule, dans ces deux cas, si un accident était survenus, le cycliste et l’automobiliste, auraient pu être poursuivis pour ce motif : « Non maîtrise du véhicule »*.
En un mot, quand on conduit un engin, il faut s’arrêter, c'est-à-dire maîtriser son véhicule, pour céder la priorité.
Décidément, la journée commence bien mal avec ces deux incivilités matutinales**.
* L'Article R.413-17 du code de la route prévoit ainsi une contravention de quatrième classe pour celui ou celle qui s'est rendu coupable d'un défaut de maîtrise de son véhicule ou de réduction de la vitesse.
** Matutinal : Ce qui est relatif au matin.
21:07 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Culture, Honte, Le mot du jour, Mots, Potins, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (4)
08/02/2012
De l’intérêt de voir fréquemment un patient qui consulte pour dépression
Source : http://lebypassdadeline.centerblog.net/
Dernièrement, je vois arriver un patient dont le visage me disait vaguement quelque chose.
Qu’est-ce qui vous amène ?
J’étais venu il y a un mois et vous m’aviez donné du SEROPLEX pour Dépression, je n’en ai plus depuis trois jours.
Lui faire la morale, aucun intérêt, par contre lui donner le choix entre se revoir soit dans une semaine ou bien deux semaines, c’est plus judicieux, et ça marche, il choisit deux semaines. Au moins je le reverrai et d’une part il ne sera pas à court de médicament, et d’autre part, je pourrai faire la sacro sainte « psychothérapie de soutien ». Chez moi, ce n’est pas tellement du soutient, c’est plutôt dynamique. J’ai une règle, ne jamais frapper un malade à terre (en pleine « déprime »), j’attends qu’il se remette, qu’il aille nettement mieux, et là, on s’explique, c’est alors, un peut, l’utilisation de ce que j’appelle la théorie du Tape Croupe. Dans ce cas précis, quand le patient va mieux, en amenant progressivement les choses, presque toute vérité est bonne à dire, à condition que cela fasse progressivement et que cela soit utile pour faire avancer la situation, il faut que cela booste le patient, car, là, il peut le supporter.
Dans le cas dont je vous parlai, j’avais, bien sûr oublié, ce qu’il m’avait confié un mois plus tôt. Il me fait un bref rappel de la situation : perte de son boulot de commercial, depuis il distribue des prospectus dans les boites à lettres. Sa copine de cinq ans l’a plaquée il y a six mois, il n’arrive pas à l’oublier, mais un ex amie de lycée, qu’il a rencontré, lui a fait des avances, ils se sont revus, elle lui a dis qu’il fallait qu’il oublie son ex, ils ont mis leur rencontres en stand by, mais elle lui envoie deux à trois texto par jour, entre autre, elle s’inquiète pour sa santé.
Lors de l’entretien, me vint une question anodine : Etes-vous timide ? Oui. Si je comprends bien, chaque fois ce sont vos copines qui ont fait le premier pas. C’est exact. Et ça ne vous gêne pas dans votre vie professionnelle ? Du temps ou j’étais commercial, pas trop, mais je n’aimais pas être confronté à des gens que je ne connaissais pas (c’est la définition même du Trouble d’Anxiété Sociale).
Elle peut s’inquiéter, car un des critères mineur du DSM IV-R, est l’item suivant, c’est le dernier dans la liste : Aves vous des idées suicidaires. Je réitère cette question que je lui avais posée, déjà, il y a un mois, sa réponse, beaucoup moins, mais ça ne m’est pas totalement passé.
Ma réponse dans ce cas, ce serait dommage de faire cela, surtout que dans un à deux mois, avec l’antidépresseur, votre humeur sera revenue à la normale.
Le suicide, il y a une autre formulation : « le passage à l’acte suicidaire », me fait bien moins peur qu’avant, en cas d’évaluation importante de ce risque : une seule solution, les Urgences Psychiatrique, ce qui est exceptionnel dans l’exercice de la médecine générale. Les malades à risques sont les Malades Bipolaires non équilibrés avec leur traitement et les Malades Schizophrènes. Ces patients, hormis les Bipolaires ne sont pas vus par les généralistes (car suivis par le Secteur Psychiatrique).
Pour résumer ce patients a trois préoccupations : le travail, le deuil de son ex copine et maintenir une relation avec sa nouvelle petite amie.
Je lui explique qu’il n’est pas bon de traiter plusieurs sujets à la fois, surtout quand on est dépressif.
Donc, dans l’ordre, sa nouvelle copine, son travail, le reste se fera tout seul, assez rapidement quand le traitement fera vraiment son effet.
Je dis souvent, à mes patients Psys que les antidépresseurs sérotoninergiques, empêchent de « dépenser », dans le sens de penser à côté, c'est-à-dire que, ce type de médicaments, empêchent d’avoir, tout le temps, des pensées négatives qui tournent dans la tête.
En résumé, il est important pour tout malade Psy (Etat Dépressif ou trouble anxieux de revoir le patient dans un délai d’un à deux semaines, ces patients sont rétifs à revenir toutes les semaines, il faut lâcher du lest et transiger à deux semaines.
Le médecin propose la conduite thérapeutique, si le malade ne l’accepte que partiellement, cez n’est pas la peine de prescrire un traitement médicamenteux.
Après tout, nul ne peut obliger quelqu’un à se traiter.
Mais, quand il existe des thérapeutiques efficaces… C’est dommage.
17:19 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, La pensée du jour, Médecine, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0)
18/01/2012
Dénoncé à la Sécurité Sociale : Suite
A la consultation ce matin, je vois, dans la salle d’attente, une jeune fille fluette accompagné d’un mec costaud.
Le motif de sa consultation : La prescription de sa première pilule. Elle a rendez-vous avec une Gynéco dans une semaine, mais elle ne peut attendre. Certes, je comprends bien, certes je n’ai plus tellement l’habitude de prescrire des pilules De Novo, mais, bon, j’arrive à en trouver une bonne faiblement dosée ; je lui ai donné le choix entre une pilule continue discontinue, elle a choisie une pilule continue, le bon choix à son âge ; je lui précise, que quand on ne connaît pas « bien » le partenaire l’utilisation du préservatif est plus que judicieux.
Les problèmes techniques étant réglés, je lui demande sa Carte Vitale : « Je ne l’ai pas ».
- « Bon , je vous ferais une feuille ; Et pour l’ordonnance, quel est votre nom ? »
- « Mademoiselle X ».
Moi de répondre illico : « Je suis vraiment désolé, mais je ne peux vous soigner, car votre père m’a dénoncé, concernant votre sœur, à la Sécurité Sociale, j’ai d’ailleurs rompu le Contrat de Médecin Traitant par lettre recommandé Accusé Réception. Comme vous le savez, je ne suis pas tenu de soigner un patient, sauf urgence, ce qui n’est pas le cas. Je ne vois plus pour vous que deux solutions, aller voir un confrère, où aller au dispensaire de Planification Familiale dont dispose la commune où j’exerce ».
Moralité ? Il n’y a pas de morale.
Ou bien l’information circule bien mal dans cette famille, ou bien je n’ose immaginer la suite…
Il faut d’abord se faire respecter, et, ensuite, et seulement ensuite, respecter les autres. Voilà, de nos jours, ce qu’il faut enseigner à nos enfants, dans cette société qui ne respecte plus rien.
13:51 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, La pensée du jour, Le mot du jour, Médecine, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (3)
02/01/2012
Bonne Année : Un réveillon de la Saint Sylvestre hors du commun
La veille du réveillon de la Saint Sylvestre, J’ai eu un deuil dans la famille.
Vendredi, mon Ordi de dix ans (que j’avais upgradé il y a cinq ans : changement de processeur, de carte mère et ajout de mémoire), a rendu l’âme, il a agonisé une demie journée.
Heureusement, chez moi, j’ai de la ressource, j’ai amené mon vieil Ordi préféré (j’y ai installé Windows 7 Starter, qui est aussi léger, comme Système d’exploitation, que Windows XP, c’est ce que l’on installe sur les eeePC : les ultras portables).
J’ai débranché mon Ordi morts, et après la toilette mortuaire, j’ai installé mon Ordi préféré, tous les fils et tout et tout, le lecteur de carte sur le port parallèle, le câble Ethernet respectivement sur les ports Ethernets de la Box et de la carte mère de Monsieur Ordi
D’abord configurer la connexion Internet, après quelques tâtonnements dans les lectures des codes de login et de mots de passe, un point positif, ça marche.
Reste à installer mon Logiciel Médical, dont je tairai le nom, car je suis en froid avec lui, actuellement.
Pas facile, il faut installer différents petits logiciels (Visual C++ 2005 et MFC 80, entre autre), avant de procéder à l’installation proprement dite de ce maudit Logiciel Médical.
Miracle, du premier coup, je peux faire la Mise A Jour (MAJ) du Logiciel. Ouf, je reporte le reste à lundi, jour de reprise, me jurant d’être à huit heure, à mon cabinet médical, pour peaufiner l’installation..
C’est ainsi que j’ai passé tout mon samedi après-midi.
Heureusement, j’avais préparé le foie gras, bien à l’avance, (il fût excellent, heureusement). Heureusement, aussi, j’ai une épouse adorable, qui a gérée la préparation du réveillon, concrètement, je l’ai très peu aidé dans cette tâche.
J’avoue avoir eu un moment de flottement au début des agapes, mais finalement, l’ambiance aidant, ce fut un réveillon particulièrement réussi.
P. S. : Il y a une suite, le lundi matin, j’ai passé deux heures au téléphone avec la Hot Line du Logiciel Médical et celle du Fournisseur d’Accès Internet pour la télétransmission.
Bonne Année 2012 et, surtout, Bonne Santé, à toutes et à tous qui lisent ces écrits avec indulgence, je les remercie de leur fidélité.
Bonne Année !
15:38 Publié dans Actualité, Anecdote, Coup de gueule, Informatique, Informatique Médicale, Internet, Médecine, Mots, Potins, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (2)
29/12/2011
Confraternité
Depuis la disparition du service militaire obligatoire, et vu la diminution, sensible, du nombre d’effectifs, l’armée n’étant plus qu’une armée de métier, le Service de Santé des Armées a dû reconvertir les Hôpitaux Militaires qui ont dus ouvrir leur soins au public, qui, avant n’étaient, exclusivement, réservés qu’aux seuls militaires.
Il se trouve qu’un de mes patients Diabétique (Diabète Type II pour les initiés, encore appelé, autrefois DNID, car il ne nécessite pas, tout au moins au début des piqûres d’Insuline. Tout cela par opposition au Diabète Type I qui lui, dès le début, nécessite l’Insuline, cela touche essentiellement les gens jeunes, alors que le Diabète Type II touche les gens de la maturité – à partir de 50 ans).
Il se trouve qu’un de mes patients atteint d’un Diabète Type II était suivi, de par mon initiative, par mon correspondant Diabétologue, un Professeur de Diabétologie du CHU.
Or, le patient ne le trouvait de moins en moins à l’écoute et les consultations de plus en plus rapides : cinq minutes montre en main me dit le patient impatient.
De son propre chef il me fit l’adresser dans un service de Médecine à l’Hôpital Militaire de la Grande Ville.
Et là, plus de nouvelles, plus de lettres, prescriptions faites sans confraternité.
Le plus fort fut quand, la Tension du patient ayant tendance à monter un peu, il changea, brutalement, le traitement antihypertenseur, je l’appris par le patient et l’ordonnance qu’il me tendit.
Disons que, intérieurement, je devins écarlate ; dans le privé les choses ne se passent pas ainsi, si un Médecin à un comportement de ce type, il est vite exclu du réseau des autres Médecins « fournisseurs » (les généralistes), on appelle cela la confraternité, disons que c’est tout simplement le respect de l’autre, c’est avoir une bonne éducation. D’autant plus que cela peut avoir des effets néfastes au niveau Médico-Légal ; le juriste ne travaille qu’avec l’écris (les paroles s’en vont lent, écrits restent), pas de courrier, pas de preuve en cas de « pépin » médical.
Je me « vengeais » de la façon suivante :
- Je fis faire au patient un bilan biologique complet avec Glycémie à Jeun et HbA1c, avec Microalbuminurie des 24 et demandais au Laboratoire d’Analyse Médicale d’envoyer un double au Médecin Général, Chef de Service, récalcitrant.
- J’adressais le patient à ma Cardiologue, il s’avère que sa TA s’est normalisée au bout de trois jours avec le nouveau traitement, or quand on instaure un traitement anti hypertenseur, il faut compter un mois avant d’avoir une efficacité. Et je demandais, à ma Cardiologue… d’envoyer un double de la lettre au Médecin Général, Chef de Service.
Ce n’est pas de la confraternité ça !
Et tout cela sur le dos du patient !
Il y a des moments, parfois, le métier d'exercer la médecine ne me satisfait pas, mais pas du tout !
00:19 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Médecine, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (3)
23/12/2011
Sécurité Sociale, toi, mon meilleur ennemi
Cas numéro un :
Patiente de 60 ans, atteinte d’une maladie asthmatique (un Asthme Chronique). Cette année, à la différence des autres, elle ne reçoit pas le bon pour le vaccin anti grippal. Elle téléphone à la Sécu qui lui dit qu’il faut un imprimé à remplir par le Médecin Traitant.
Je passe un quart d’heure au téléphone, devant la patiente, pour commander les précieux imprimés. Incidemment, je demande pourquoi je n’ai pas reçu de courrier de la Sécu m’informant de la nouvelle procédure.
On me répond : Cette information a été divulguée par les DAM (Délégués de l’Assurance Maladie), vous ne les recevez pas ? Moi de répondre, non. Cela ne sert à rien, si ce n’est perdre son temps. Je dois, cependant, reconnaitre que sur ce coup là, ils ont marqué un point. Voudraient-ils m’obliger à recevoir Les DAM (qui peuvent être des messieurs).
Cas numéro deux :
Lettre de Dame Sécu : Refus de paiement d’un Acte en CMU.
Je téléphone, pour une fois, un numéro est indiqué.
On me répond que j’ai facturé deux actes le même jour. Effectivement c’est ce que je vois sur mon Ordi, mais, le hic, je me souviens que j’ai vu ce patient, effectivement, deux fois, le même jour, mais une fois le matin et une fois le soir, donc deux actes séparés. La Dame de la Sécu me dit qu’ils ont cru que je m’étais trompé et qu’ils croyaient que j’avais fait, dans un seul acte, dans la foulée, une double facturation. En effet, le lecteur et le logiciel ne permettent pas d’insérer l’heure dans la Feuille de Soin Electronique (FSE). Elle me donne comme soluce : envoyer une lettre de contestation.
Quinze jours plus tard, je reçois une lettre de la Sécu me disant que mon cas sera examiné, en commission, dans… TROIS MOIS !
22:38 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Médecine, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (6)
21/12/2011
Dénoncé à la Sécu
En trente ans de métier, cela ne m’était jamais arrivé !
J’ai été dénoncé, par un patient à la Sécurité Sociale.
Les Faits :
Une jeune fille de 13 ans accompagnée de sa mère vient me voir, car il y a 1 mois elle a été victime d’un traumatisme au niveau de la face externe d’un genou. Quinze jour plus tard, elle se re cogne au même endroit, ce qui ravive la douleur.
Elle consulte donc, pour la première fois.
Après un examen clinique, plutôt rassurant, je lui fais passe, par prudence, une échographie.
Elle vient seule à la deuxième consultation : l’échographie met en évidence une très légère atteinte du ligament externe du genou en question. Par prudence, je l’adresse à un Chirurgien Orthopédiste Infantile (pour enfant, pas débile).
Elle vient seule à la troisième consultation, me disant que son Infirmière Scolaire lui conseille le port d’une attelle. Elle précise que sa consultation avec le chirurgien est dans quinze jours (il y avait un désistement). Je lui réponds que l’on pourrait peut-être attendre d’avoir l’avis du chirurgien, après tout, ce n’est que dans quinze jours, et son premier traumatisme, lui, date… d’un mois. D’autre part, il n’est pas sûr que celui-ci en prescrive une et que, s’il le fait, et que je prescrive une attelle qui ne correspond pas, le chirurgien risque d’en prescrire une autre et que cela ferait des frais, inutiles, à la Sécurité Sociale (mon dieu, si j’avais su ! Vous allez voir ce que va me couter le fait de vouloir faire des économies à la sécu).
Le lendemain, à la fin de la consultation du matin, la mère me téléphone me disant, avec « vigueur » et « virulence » son mécontentement du fait de la non prescription de l’attelle concernant sa fille. Le coup de fil dura une demi-heure ! J’essayais sans succès d’éteindre le feu. A la fin, je lui dis que si la confiance n’était plus là, le mieux, c’était de changer de Médecin Traitant, d’ailleurs, moi de rajouter, que le la relation Médecin Malade était régi, juridiquement, par un contrat synallagmatique engageant les deux partis : le Médecin, « à soigner, en fonction des données acquises de la science », et au Malade à le payer pour son travail (autrefois, on appelait cela honorer, d’où le terme honoraires).
Elle furax, de rajouter : « je vais vous dénoncer à la Sécu ».
Moi, pour essayer, une fois de plus de calmer le jeu : Bon, puis que vous y tenez tant, si votre fille passe demain, à la consultation, je lui ferai son ordonnance pour son attelle.
Effectivement, le lendemain, à la fin de la consultation du matin, j’allais partir, la jeune fille se présente seule, je lui fis son ordonnance, et, comme elle est à la CMU, comme toute la famille, je facture, tout naturellement une consultation, car, d’abord, c’est une consultation, et qu’en plus, il y a eu prescription d’une ordonnance.
Trois semaines plus tard, je reçois de la Sécu, une lettre me disant que sur « signalement » téléphonique du père de la jeune patiente, il m’était demandé de me justifier sur trois consultations que j’avais facturé pour prescrire une attelle.
Moi, j’appelle ça une dénonciation.
Je rappelle qu’un patient à la CMU ne paie pas TOUS les Actes Médicaux, ayant la Sécurité sociale la mutuelle gratuite mutuelle gratuite payé par la société, je n’ai absolument rien contre ce système que je trouve parfaitement juste, il est normal que la société vienne en aide aux citoyens en difficultés, mais en l’occurrence, cela montre, à mon avis, la mentalité de ce patient qui, pour un motif plus que fallacieux, a bricolé un montagegrossier qui, jurudiqument, ne tient pas la route, tout celà pour se venger, se « taper un Médecin ».
Avant, il me semble que l’on respectait plus le Médecin.
Méfiance !
01:09 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Honte, La pensée du jour, Médecine, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (14)
10/12/2011
De retour parmi les vivants
Source : http://pierrotlezygo2.hautetfort.com/
J’ai été absent de mon blog pendant… un certain temps, pour, en gros, deux raisons, je passe sur les autres.
D’abord, je me suis chopé, qui sait où, depuis plus de quinze jours, une rhinite, banale, au début, un léger mouchage jaune, je me mis sous une céphalosporine de deuxième génération, de l’ORELOX* (que je prescris rarement, vu son efficacité légère). Bien évidemment, comme tout bon médecin et tout mauvais malade qui se respecte, je pris le traitement de façon un peu… aléatoire. Devant l’aggravation des symptômes, le début d’une bonne bronchite, je décidais, d’une part, de passer à un bon antibiotique, l’AUGMENTIN* et, d’autre part, cette fois ci, de respecter le traitement à la lettre. La bronchite s’aggrava, visiblement la bébête était résistante. Je me mis donc, cette fois, sous un antibiotique à très large spectre (je ne l’ai prescris que trois ou quatre fois en trente ans de carrière), la PYOSTACINE*, un antibiotique de cheval, que j’avalais à dose de cheval.
Cela commence tout juste à aller mieux.
Cela fait, quand même, un drôle d’effet, de soigner des patients bien moins malades que moi et, qu’en plus, je mets en arrêt de travail.
La seconde raison, fut un gros problème informatique à mon Cabinet Médical.
Voilà-t-il pas que mon Logiciel Médical, dont je tairais le nom, passa à la vitesse supérieure en sortant sa nouvelle version, jusque-là, rien de banal, mais, j’accumulais pannes sur pannes : d’abord une impossibilité de mise à jour, puis, ce qui est INADMISSIBLE en informatique, une impossibilité de sauvegarde, et, enfin, cerise sur le gâteau, un bug dans la télétransmission, impossibilité de faire certaines Feuille de Soins Electronique (FSE), ce qui rendait impossible certaines télétransmission.
A chaque fois les techniciens me dépannaient à moitié, me laissant, si j'ose dire, me démerder pour le reste. La raison invoquée, comme j’ai une connexion bas débit (RTC), il leur était impossible d’entrer dans mon Ordinateur pour réparer rapidement la panne, en gros, sans haut débit (ADSL), va te faire foutre !
Déjà que j’avais apprécié moyennement le fait que le passage à la nouvelle version de mon Logiciel Médical, m’obligeais à payer le VIDAL, désormais, pour des, soit disant, raisons d’interface ; 300 €, la bagatelle !
Là, c’était me forcer, une fois de plus, à passer à l’ADSL, ce qui va doubler l’abonnement à mon Fournisseur d’Accès Internet (FAI), la bagatelle d’une augmentation de 200 € par an.
Deux pannes concomitantes : panne du corps et multiples pannes Informatiques, cela faisait trop pour moi.
Mais, une lueur d’espoir, je pense avoir trouvé la solution pour résoudre mon problème Informatique, d’abord dissocier la Télétransmission du Logiciel Médical, et puis essayer de faire du bricolage informatique. Pourvu que ça marche, je croise les doigts.
Après ces turpitudes, je n’ai pas encore récupéré et je me traine lamentablement.
J’espère être remis pour les fêtes de Noël.
Et dire que je n’ai toujours pas fais mes foies gras !*
Petit clin d'oeil à kinia ;-)
Source : http://bric-a-brac.org/
14:14 Publié dans Actualité, Anecdote, Blog, Coup de gueule, Humour, Informatique, Informatique Médicale, Médecine, Potins, Santé, Société, Vie pratique, Web | Lien permanent | Commentaires (3)
23/11/2011
Tu vaccineras quand tu le pourras : un refus de vaccination – Petite histoire de la vaccination
Petite histoire de la consultation :
C’est une jeune patiente la trentaine qui consulte pour la mise à jour de ses vaccinations.
Je lui demande si elle a son carnet de santé.
Non.
Je lui réponds, qu’à son âge, il est indispensable d’avoir un vaccin tétravalent : Diphtérie Tétanos Coqueluche acellulaire Polio. Et de préciser que la coqueluche ce n’est pas tellement pour elle (quoi que si elle se chope une coqueluche elle toussera pendant trois mois) mais, surtout, c’est pour protéger les nourrissons de 0 à 4 mois qui, eux, termineront à l’hôpital, la coqueluche, chez un nourrisson, peut poser de gros problèmes.
Mais, me précisa t elle, je n’ai pas d’enfants !
Certes, mais vous êtes amenée à côtoyer des nourrissons de 0 à 4 mois, et si vous développez une coqueluche…
Elle me répond que, si ce n’est pas indispensable elle préfère s’en passer.
Je lui rappelle, aussi, si elle se souvient d’avoir eue deux injections du vaccin Rougeole Oreillon Rubéole.
E n effet, actuellement, il y a une campagne massive de rappel de vaccination ROR, car on sait, maintenant, qu’une seule injection ne protège pas suffisamment
Elle n’est pas chaude non plus.
Elle repartira donc avec un seul vaccin trivalent : DTPolio.
Source : http://drgamin.blogspot.com/2010/06/les-vaccins-1-tetanos...
La mode est au retour à la Nature, dans ce monde pollué à Donf, au Bio, au naturel, et à l’évitement de la médecine scientifique pour les médecines douces, les « médecines » parallèles, appelées, aussi, non conventionnelles (je les appelle, moi, les médecines perpendiculaires) la naturopathie, l’homéopathie, la médecine traditionnelle chinoise (acupuncture), sans compter les techniques de manipulations (chiropraxie, ostéopathie), et la phytothérapie, et l’aromathérapie qui utilise les huiles essentielles.
Au moins, les vrais rebouteux savaient réduire une luxation de l’épaule ou de la mâchoire, eux.
Mais ce problème de refus de vaccination date même du début de l’invention de la vaccination par Jenner (en fait, la technique de variolisation a été inventé, en Chine, il y a fort longtemps. Plus récemment sont apparues les ligues anti vaccinales.
Bref, c’est désolant.
Petite histoire de la vaccination :
Le 14 mai 1796, Edward Jenner, chirurgien, inocule, la picotteà James Phipps, un jeune garçon de huit ans, avec le contenu des vésicules de vaccine de la main de Sarah Nelmes, une trayeuse qui avait contracté la vaccine (surnommée picotte, une sorte de variole atténuée) transmise par une vache nommée Blossom.
En fait, un agriculteur du Dorset, Benjamin Jesty, a réussi à induire une immunité artificielle chez sa femme et ses deux enfants avec la vaccine au cours d'une épidémie de variole en 1774, mais ce n’est qu’après les travaux de Jenner, une vingtaine d'années plus tard, que le procédé a été largement compris. En effet, il est généralement admis que Jenner n'était pas au courant du succès de Jesty et est arrivé, indépendamment, aux mêmes conclusions.
C’est pour cela que cette méthode s’appelle Vaccination qui vient du mot latin vacca qui signifie vache.
Mais bien avant existait une méthode vaccinale que la vaccination, beaucoup plus dangereuse, la variolisation. Cette technique remonte de la Chine ancienne. Elle consisterait à inoculer, par le nez, avec un petit tube en cuivre, à partir des vésicules, une variole chez des malades présentant une forme atténuée de la variole. La petite histoire dit que c’était, surtout, pour protéger le visage et le corps des cicatrices de la petite vérole, chez les travailleuses du sexe qui travaillaient dans des maisons spécialisées.
La pratique s'est progressivement propagée le long de la route de la soie.
La technique est importée en Occident au début du XVIIIe siècle, par Lady Mary Wortley Montagu, la femme de l'ambassadeur d'Angleterre en Turquie, qui la fait pratiquer sur ses propres enfants.
La variole a été totalement éradiquée en... 1980 !
Références :
Vaccination : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vaccination
Variolisation : http://fr.wikipedia.org/wiki/Variolisation
Edward Jenner : http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Jenner
16:53 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Culture, Ecologie, Histoire, Histoire de la Médecine, Honte, La pensée du jour, Médecine, Santé, Science, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (1)
02/11/2011
Ostéopathie
Source : http://www.glenatbd.com/
Ce livre est réédité par les Editions Glénat.
Claude Serre, né le 10 novembre 1938 à Sucy-en-Brie et décédé le 13 novembre 1998, est un dessinateur français.
Après le pont de la Toussaint, je reprends, ce matin, le travail.
Je suis arrivé une heure avant le début de ma consultation car, outre le tri de mon courrier, j’avais, surtout un coup de téléphone à passer à la société qui commercialise mon Logiciel Médical, car j’ai un gros problème de sauvegarde, ce qui est le summum de la panne en informatique.
Mais ceci est une autre histoire, et j’en parlerai, peut-être en son temps.
Mon coup de fil passé, assez rapidement, cela commence à sonner, les consultations se succèdent, et puis, un patient passe du bureau dans mon bureau. A sa démarche, je vois immédiatement qu’il a soit un lumbago, soit une sciatique, en un mot, il a mal au dos.
Eh bien… Il ne vient pas consulter pour ça !
Il a un peu mal de gorge (une anginette vraisemblablement virale).
Il me narre que pour son dos il a pris rendez-vous chez un Ostéopathe.
Il me demande mon avis.
En fait son mal au dos date d’il y a 15 jours ou il a participé au transport d’un piano. Cela va mieux, mais il a encore, un peu, mal le matin.
Je l’examine. En fait il, a un Lumbago en train de, gentiment, guérir tout seul.
Je lui explique donc, que pour son Lumbago, il est en train de « guérir tout seul », un antalgique, sans anti inflammatoire pourrait être de mise, et, qu’il serait utile, surtout, vu qu’il exerce un travail qui sollicite son dos, de voir un Kinésithérapeute pour le rééduque pour la proprioceptivité et l’économie du dos.
Je lui donne, ensuite, mon point de vue sur l’Ostéopathie.
Je sais, cela ne sert à rien, même vis-à-vis de mes lecteurs, l’Ostéopathie, c’est comme la religion, ou on est croyant, ou on ne l’est pas.
Mais, après tout, ça soulage.
Si l’on prend un « Kiné-Ostéopathe », c’est la bonne moyenne, on est au niveau technicien : Bac + 3, On peut légitimement penser qu’un Médecin, niveau Ingénieur : Bac + 8, a certainement plus de connaissances, en fait, je ne veux pas comparer le métier de Kiné et celui de Médecin, ce sont deux métiers utiles, indispensables, complémentaires, et, différents.
Quand au tarif pratiqué, entre 40 € et 80 € (voire plus) et non remboursé, il y a de quoi tomber des nues !
L’Ostéopathie a été créée le 22 juin 1874 par le médecin américain Andrew Taylor Still. Visionnez cette vidéo historique de l'inventeur de l'Ostéopathie.
En automne 1874, pendant une épidémie, il guérit un enfant de la dysenterie puis dix-sept autres avec succès ; ce fut le premier traitement ostéopathique*.
On peut se poser la question du lien entre la dysenterie (une pathologie infectieuse) et l’Ostéopathie ?
Je sais, je suis partial.
Mais une chose m’interpelle bien plus, c’est quand j’entends les patients me dire que leur Ostéopathe leur a « remis une vertèbre en place », je sais, les Ostéopathes parlent de dysfonction vertébrale et qu’une vertèbre en dysfonction est une vertèbre à sa place. Mais les patients sont impressionnés par un éventuel claquement lors de la manipulation ostéopathique.
Ces bruits sont issus de la cavité articulaire ou plutôt du liquide synovial sécrété par la capsule qui l’entoure et dans lequel sont dissous des gaz : oxygène, azote et, surtout dioxyde de carbone.
"Lorsqu’on étire ses articulations, la pression de la cavité articulaire baisse, forçant les gaz dissous à revenir à l’état gazeux". Le fameux "pop" correspond en fait à une balle de gaz. Ces craquements des phalanges ou des vertèbres sont sans danger**.
Et puis, je le dis souvent, il n’y a pas DES Médecines, mais, UNE Médecine, valable dans tous les pays du monde !
Maintenant, vous avez le choix :
Aller consulter un Médecin Généraliste Conventionné Secteur I (comme votre serviteur) pour 23 € remboursés entièrement, enfin presque, puis que la Sécu retient, maintenant, 1 € par consultation dans le cadre de respect du « parcours de soin ».
Aller voir un Ostéopathe pour, arrondissons, 100 €, non remboursé, certes certaine mutuelles remboursent l’Ostéopathie, mais jusqu’à quelle limite.
Pour mémoire, pour 100 – 1 € = 99 €, on peut se payer, par exemple, un vin REMARQUABLE, un Château Léoville Poyferré 2010 (certes en primeur), le site de ce château ICI, mais pour 100 €, on ne va quand même pas chipoter pour 1 €. De façon plus pragmatique, cela peut bien aider pour faire les courses de la semaine.
Enfin, pour terminer, vu les tarifs et le non remboursement, on peut se poser la question de savoir si l’Ostéopathie n’est pas une « Médecine » de riches.
Bon dieu, mais essayons de faire fonctionner, un peu, notre esprit critique, c’est le principe de la Zététique.
Claude Serre
Source : http://www.pjf.org.uk/
* http://fr.wikipedia.org/wiki/Ost%C3%A9opathie
** http://www.medecine-des-arts.com/Craquement-des-articulat...
19:37 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Economie, Honte, Magie, Médecine, Potins, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (2)
27/10/2011
Une douleur intolérable
En arrivant à mon cabinet médical, pour une fois, j’étais, relativement, en avance, j’eu la surprise de voir, déjà, un patient qui attendait devant la porte.
Mon cabinet ouvert, je le fis rentrer dans mon bureau et lui demandais ce qu’il avait.
Je me suis fais enlever, il y a trois jours, trois molaires, j’ai les dents très fragiles, et le Stomatologiste m’a donné du DOLIPRANE*.
Depuis hier, j’ai affreusement mal, le DOLIPRANE* ne me fait rien.
Sur l’échelle EVA (échelle Visuelle Analogique, qui permet de coter la douleur sur une réglette graduée de 1 à 10), il cotait, dans l'instant, sa douleur à 9.
Il avait vraiment "très mal".
Il était tout à fait normal que le DOLIPRANE* ne suffisait pas. Il fallait taper bien plus fort.
Je lui prescrivis donc un cocktail médicamenteux à base de BI PROFENID* et de DAFALGAN CODEINE*.
Le BI PROFENID* étant un anti inflammatoire doté d’une action antalgique, et le DAFALGAN CODEINE* une association de paracétamol et de codéine (la codéine étant un pré morphinique, ce mélange donnant un antalgique de pallier II, le DOLIPRANE* seul étant un antalgique de palier I).
Et... un arrêt de travail de trois jours.
J’ai horreur de souffrir et je ne supporte pas que les patients souffrent, alors que l’on dispose, de nos jours, d’un arsenal thérapeutique suffisant et efficace.
Echelle EVA
09:54 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, La pensée du jour, Médecine, Mots, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (8)
24/10/2011
Placement
Je suis depuis plus de dix quinze ans une patiente qui a, maintenant, 89 ans.
Son état de santé s’est dégradé lentement et progressivement.
Assez rapidement, le diagnostic de Maladie d’Alzheimer a été porté, puis celui, comme c'est assez fréquent dans le cas de la maladie d'Alzheimer, de Maladie de Parkinson (c'est ce que l’on appelle une comorbidité), cette patiente à été mise sous EXELON, dans un premier temps, puis, pour sa Maladie de Parkinson, on lui adjoint du MODOPAR.
Ses pathologies se sont stabilisées pendant très longtemps, peut être cela fut il dû aux médicaments, mais plus certainement à l’évolution très lente de ses pathologies. Il faut savoir parfois être modeste dans l’exercice de la Médecine.
Tout ne se passait pas trop mal, quand soudain, elle fit une chute, et se fit un tassement vertébral (c’est, en fait, une fracture de côte) qui révéla une Maladie Ostéoporotique. A sa thérapeutique, le Rhumatologue, à qui je l’adressais, rajouta, outre du Calcium et de la Vitamine D3, du FOSAMAX.
Une mise en place d’une hospitalisation à domicile fut mise en place
Elle fit à nouveau une deuxième chute, avec de nouveau, un tassement vertébral. Le Rhumatologue changea le FOSAMAX pour du PROTELOS, on sait, maintenant, qu'après 80 ans, cela n’est pas très prudent, à cause du risque de Thrombose, souvent suivi de la redoutable Embolie Pulmonaire, les personnes agréées bougeant peu, ce qui est un facteur de risque de Thrombose.
Malheureusement, elle fit, selon l’adage, jamais deux sans trois, une troisième chute, avec, de nouveau, un Tassement Vertébral, mais, là, elle ne s’en remis pas, elle ne se déplaça quasiment plus, restant, la plus part de son temps, assisse dans on fauteuil, regardant la télévision. Le Rhumatologue changea le PROTELOS pour une injection annuelle, en Intra Veineux, d’ACLASTA.
Mais, entre temps, sa Maladie d’Alzheimer s’aggrava, progressivement, insidieusement. Cela commençait à poser problème au fils et à la belle fille qui l’hébergeait.
Un jour, je vis venir deux messieurs, à la consultation, c’étaient les deux autres fils de ma patiente. Ils me racontèrent que les choses se dégradaient de plus en plus à la maison, et que, si son autre frère et sa belle sœur, fermaient les yeux, ne voulant pas admettre la triste réalité des faits, la gestion de la situation devenant impossible, un placement devenait indispensable. Ils terminèrent l’entretien avec la formule que je redoute : « Surtout, ne leur sites rien ».
Cela tombait bien, elle devait, aller en consultation, dans le service de gériatrie où je l’avais adressée au début de sa Maladie d’Alzheimer. J’avais des affinités avec ce service depuis que j’avais passé le Diplôme Universitaire de Gériatrie. J’jusqu’à ce jour, je n’avais jamais eu à m’en plaindre. Dans la lettre de liaison, je précisais qu’un placement en Maison de Retraite me semblait devenir indispensable. La réponse fut surprenante, elle confirma la situation à la famille mais il ne fut pas remis à la famille la moindre liste de Maisons de Retraite,
Et la lettre que m'envoya du médecin hospitalier fut du même acabit,
En gros :
« Démerdez-vous ».
09:13 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Médecine, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (5)
13/10/2011
Le médecin généraliste, le « fou » et le psychiatre : la Psychiatrie du Généraliste
Dans de nombreux Blogs Médicaux, beaucoup plus sérieux que le mien, et beaucoup plus connus que le mien, jalousie quand tu nous tiens ;-), il est vrai que le mien est plutôt un "Blog Médical" atypique et n'a, presque plus, de médical que le nom. Dans ces Blogs Médicaux « Officiels » il est souvent question de la relation Médecin Malade, celle-ci est analysée, décortiquée, théorisée, c’est l’occasion de citer des philosophes connus ou, le must, inconnus, du moins, du commun des mortels. Il est, aussi, souvent question d’Ethique Médicale, avec, parfois, auto flagellation, je vous convie à lire le Blog de Borée, ou le Blog de, l’incontournable, Martin Winkler. Martin Winkler (Dr. Marc Zaffran de son vrai nom), n’exerce, d'ailleurs, plus la Médecine Générale, maintenant, il vit de sa plume, il ne vit plus des "maux", mais il vit des "mots".
Chers collègues, je terminerai, peut-être, le troll sur la Maltraitance, sujet à la mode actuellement. Certes, s’il y a des médecins maltraitants, il y a, aussi, des patients mal « traités », mais, parfois, non par éthique médicale, mais, souvent, tout simplement, par manque de connaissances.
Effectivement, Borée, il n’y a pas de médecine utopiste, n’oublions pas qu’outre l’aspect humain (la datte fourrée si chère à Claire Brétécher dans sa BD Docteur Ventouse), n’oublions pas que, avant tout, nous sommes des Techniciens de la médecine, les Spécialistes étant des Ingénieurs, ce qui implique, naturellement, un minimum de connaissances.
Certes, si "science sans conscience n'est que ruine de l'homme", la concience sans science est calamiteuse, et conduit, inévitablement, à la catastrophe.
Je nuance donc vos propos, certes pertinents, dans mon, modeste blog.
Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt, au sujet du jour : La Psychiatrie du Médecin Généraliste.
Il fut un temps, quand je préparais le D.U. (Dis Plôme Universitaire) de Psychologie Médicale, il était obligatoire de soutenir un mémoire en fin de deuxième et dernière année du cursus.
Un sujet me fascinait, car je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je ne pouvais "étiqueter" (quel vilain mot), il vaut mieux dire diagnostiquer, certaines pathologies (justement, les pathologies Psys) et que, forcément, j’étais mis en échec par ces patients « Psys ».
Un autre point m’interpellait : pourquoi le dialogue avec le Psychiatre était impossible, alors que cela se passait bien avec toutes les autres spécialitées médicales.
Je décidais, donc, d’intituler mon mémoire : « Le médecin généraliste et la Psychiatrie ».
Très rapidement, dans mes recherches bibliographiques, émergea un point capital :
Le manque de formation du médecin généraliste concernant la psychiatrie lors de son cursus universitaire.
Je ne pense pas que cela ait beaucoup évolué depuis.
En effet, autant les cours de Neurologie étaient complets et bien détaillés, autant les cours de psychiatrie étaient succincts et bâclés, uniquement par manque d’heures. Alors que durant sa carrière, le médecin généraliste voit beaucoup plus de cas Psys que de cas Neuros. Certes, il est capital de ne pas passer à côté d’une pathologie neurologique, mais, la non formation en Psychiatrie du généraliste conduit a des examens complémentaires abusifs et répétitifs, mais surtout a un retard diagnostic, fort déplorable, dans ce type de pathologie.
Un tiers des cas des consultations du généraliste concerne la Psychiatrie, tout comme la Cardiologie.
Au décours de ce D.U. de Psychologie Médicale, lors des Travaux Pratiques, outre la Relaxation, était organisé quelques séances d’initiation au Groupes Balint, en gros, sous le contrôle d’un psychiatre et d’un généraliste « superviseur », cela consiste a aborder la relation Médecin Malade, mais, en aucun cas, ne sont abordées ni la psychiatrie ni les pathologies psychiatriques.
Comme un médecin ne peut diagnostique que les pathologies qu’il connait, je me suis très vite rendu compte que le mieux, c’était d’apprendre ce que l’on ne m’avait pas appris : Les pathologies psychique, la Psychiatrie. D’abord dans des abrégés de psychiatrie, puis dans des précis de psychiatrie, je m’arrêtais là, je n’allais pas jusqu’au traités de psychiatrie, je ne suis pas Psychiatre, mais, j’en suis fier, et je le revendique, je suis Gé- né-ra–lis-te.
Petit aparté : La Psychiatrie est-elle une Spécialité Médicale à part entière de la Médecine ou une Spécialité Médicale entièrement à part de la Médecine ?
J’appris beaucoup de choses, me permettant d’aborder de façon pragmatique et technique les pathologies psychiatriques relevant du médecin généraliste : les Etats Dépressifs, Etats Dépressifs Réactionnels (anciens Etats Dépressifs exogènes), Troubles Bipolaires (anciens Etats Dépressifs endogènes) et les Troubles Anxieux : Attaques de Panique, Trouble Panique, Trouble d’Anxiété Sociale (timidité), Trouble de Stress Post-traumatique.
Cerise sur le gâteau, un visiteur médical m’offrit, un jour, un Mini DSM IV (livre permettant, très schématiquement, de confirmer ou d’infirmer un diagnostic psychiatrique), chose impossible maintenant (Loi anti "cadeaux" oblige), certes, autrefois, il y eut des dérapages, mais tout n’était pas pourri dans le système, la preuve.
Cela me permit d’accroitre mon efficacité et ma technicité de diagnostic.
Je pense, honnêtement que, environ, 10 % des Médecins Généralistes ont de bonnes notions de Psychiatrie, et encore je suis, certainement, très optimiste.
Comme conséquence, on sait, actuellement, qu’il y a un retard de diagnostic de 10 ans en ce qui concerne les Troubles Bipolaires.
Il m’est arrivé, plusieurs fois, devant un Etat Dépressif Majeur, de diagnostiquer un Trouble de Stress Post-traumatique datant de 10 voire de 20 ans. On sait, maintenant, que les troubles anxieux non traités évoluent dans la majorité des cas vers un Etat Dépressif, d’autant plus que, souvent, l’alcool, est utilisé, en chronique, pour calmer l’anxiété, l'alcool est un remarquable anxiolytique mais, outre les dégâts somatiques, à long terme, il déclenche, lui aussi, des Etats Dépressifs. Alcool et Trouble Anxieux sont un mélange détonnant avec un cordon Bickford assez long donnant un bon effet retard.
Certes, il est vrai, que les Thérapies Comportementales sont assez récentes, les thérapies d'immersion des troubles phobiques datent de 1970 (une critique des thérapie comportementales a été portée, en 1971, dans le film "Orange Mécanique", traitant celles-ci de manipulatrices), l'expérimentation dans le Trouble panique datant de 1980. Ce n'est qu'en 1990 que furent, définitivement, mises au point les TCC avec la bonne utilisation des nouveaux anti déprésseurs de la sérotonine ISRS) remarquablement bien tolérés. Dans la Grande Ville où je sévis, les premiers Psychiatre a pratiquer des TCC apparurent vers les années 2000.
Il faut dire, que, pour le généraliste, la pratique de la Psychiatrie n’est pas rentable : ½ h pour 23 €, c’est quasiment du bénévolat. Il vaut mieux pratiquer des Médecines Douces (l’Ostéopathie a le vent en poupe, actuellement. Il faut dire qu’entre 60 € à 80 € la séance, il n’y a pas photo. Qui se souvient de la Laserthérapie, avec le soft laser comme machine à sou, dans les années 80 ?).
Le titre de mon article est, volontairement, provocateur, car, si la psychiatrie n’est pas connue des Médecins Généralistes, elle ne risque pas, loin de là, d’être connue du grand public ; et comme on a peur de ce que l’on ne connaît pas, on le nie, on le rejette. Cela n’est pas fait pour aider les Malades « Manteaux ».
Pour clôturer, enfin presque, ce long article peu optimiste, une note de gaité :
Le névrosé construit des châteaux en Espagne, le psychotique les habite et le psychiatre empoche les loyers.
La vie est trop courte pour se prendre au sérieux, mais je n’ai pas dis qu’il ne fallait pas prendre son métier au sérieux, c’est une nuance de taille. Il est normal d’avoir une bonne estime de soi, mais une surestimation de soi est plus dangereuse, pour la société, qu’une sous estimation de soi.
Disons que les gens trop surs d’eux m’irritent profondément.
Un peu de simplicité et d’humilité, par pitié !
Je ne peux résister, en faisant comme mes collèguess Blogueurs, une citation philosophique pertinente, d’un philologue, philosophe et poète connu « Rien de bon n'est jamais sorti des reflets de l'esprit se mirant en lui-même. Ce n'est que depuis que l'on s'efforce de se renseigner sur tous les phénomènes de l'esprit en prenant le corps pour fil conducteur, que l'on commence à progresser ». (Friedrich Nietzsche).
Allez, une dernière, pour la route, une autre citation d'un écrivain connu : "L'humour ne peut exister que là où les gens discernent encore la frontière entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Aujourd'hui, cette frontière est indiscernable". (Milan Kundera).
Qu’est que l’on peut devenir cultivé avec Google.
;-)
Dans la ville où je sévis, , le nombre des psychiatres formés aux Thérapies Cognitivo Comportementales les TCC, (les jeunes) est "relativement" faible.
Sur un peu plus d'une centaine de Psychiatres conventionnels (mais pas tous conventionnés), seul une quinzaine sont formés aux TCC, (les jeunes), soit seulement 10 % ! Ce sont les seuls Psychiatres qui, à mon avis, sont les plus performants dans le traitement des Troubles Anxieux et des Troubles Dépréssifs.
Comment trouver les coordonnées de ces Psychiatres pratiquants les TCC ?
En se rendant sur le site de l'AFTCC, sur la carte des membres.
Là, on n'est plus dans la Théorisation Médicale, mais bien dans la Pratique Médicale. Les TCC relèvent du Pragmatisme, qui est une doctrine selon laquelle n'est vrai que ce qui fonctionne réellement. Le fondateur du courant pragmatiste est un sémiologue et philosophe américain, Charles Sanders Pierce.
P. S. : Le commentaire d'un article de Borée concernant une patiente souffrant, visiblement, d'Attaques de Panique non diagnostiquées par son généraliste.
Emmanuelle :
28 septembre 2011 à 13:17
Crée le vendredi 7 janvier 2011
le professeur Chantal Henry, psychiatre à l’hôpital Albert-Chenevier de Créteil, est spécialisée dans les Troubles Bipolaires.
00:07 Publié dans Actualité, Anecdote, Blog, Coup de gueule, Honte, La pensée du jour, Médecine, Potins, Santé, Science, Société, Vie pratique, Web | Lien permanent | Commentaires (3)
04/10/2011
Petites incivilités
L’autre jour, en rentrant chez moi, à pied, on est écolo ou on ne l’est pas (faut-il, encore, en avoir l’opportunité), je rejoignais mon doux foyer, quand, soudain, un vélo, remonte, en sens interdit, la rue où je flânais et faillit se faire emplafonné par une voiture qui, elle, respectait le code de la route.
Quelques pas plus loin, je m’approchais d’une dame de 35 - 40 ans, accompagnée d’un chien, c’était une dame charmante, au demeurant, bien habillée et bien parfumée, quand, soudain, le chien fit caca, sur le trottoir, à deux pas de moi.
J’arrivais, enfin, en face de chez moi, une belle voiture noire, une Audi, je crois, m’empêche d’accéder à la porte de mon domicile, la portière, ouverte, occupait tout le trottoir, eh bien, vous le croirez si vous voulez, le propriétaire du véhicule, ne ferma pas sa portière, m’ignorant royalement.
Dans la Grande Ville où je réside, il y a une politique d’urbanisation croissante et intense en application du grenelle de l'environnement, c’est à la mode, actuellement dans toutes les grandes villes, d’où l’utilisation du pseudo argument écologique, toujours dû au Grenelle de l'environnement, pour interdire l’accès au centre ville, à empêcher le stationnement, même dans les quartiers assez éloignés du centre de la ville. Une autre tactique consiste à rogner les places de stationnement en rognant sur l’angle des intersections de rues et au niveau des passages cloutés. On multiplie, aussi, le nombre des places handicapés.
Ne serions nous pas en train de devenir trop nombreux, dans les grandes villes, sur un espace qui, lui, n'est pas extensible ?
Logiquement, plus on est nombreux, plus la vie en cohabitation devient difficile, il faudrait donc, logiquement, adopter un comportement de plus en plus civique, or, c’est l’inverse qui se produit.
Un jour, les habitants des grandes villes, en viendront aux mains.
Pourquoi, avec cette politique d'urbanisation à outrance, pourrit-on la vie des, honnêtes, citoyens urbains.
Deux mouvements écologiques s'opposent actuellement : Le développement durable (une croissance économique raisonnée est possible) et la décroissance (il faut maintenir le taux de croissance voire le diminuer).
13:01 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Ecologie, Economie, La pensée du jour, Politique, Santé, Science, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (6)
24/09/2011
Le Pendule et la Boule de Cristal : Une nouvelle façon de porter un diagnostic médical
Source : http://www.gothique-boutique.eu/
Qui se souvient de Madame Soleil, égérie de la voyance, pardon de l’astrologie, de 1970 à 1980, immortalisée par le Président Pompidou, par cette réplique célèbre, « je ne suis pas Madame Soleil ». Elle animait, dans les années 1970, une émission, qui la rendue célèbre, sur l’antenne d’Europe 1.
Le Médecin Généraliste, pour peu qu’il ait une bonne écoute, peut faire un très bon voyant, même s’il porte des lunettes.
En effet, en Médecine Générale, le diagnostic médical, se fait, à 80 % par l’interrogatoire (10 % relève de l’examen clinique et 10 % des examens para cliniques que sont la Biologie et la Radiologie ou l’Échographie).
Pour les consultations qui relèvent de la Psychiatrie, eh oui, le généraliste fait bien de la cardiologie (30% de son activité) pourquoi ne ferait-il pas correctement de la Psychiatrie (je veux dire traiter les Troubles Anxieux et les États Dépressifs, tout en envoyant judicieusement au spécialiste).
Pour les consultations qui relèvent de la Psychiatrie, c’est beaucoup mieux, le diagnostic relève, à 100 %, de l’interrogatoire.
C’est pour cela que, bien souvent, je me prend à rêver, d’acquérir un pendule et une boule de cristal. Je pense que ces instruments impressionneraient beaucoup plus les gens que le stéthoscope et l’appareil à tension, trop galvaudés de nos jours.
Ne vous y trompez pas, actuellement, fleurissent, depuis un certain temps, des pratique médicales relevant de la Magie (cela a toujours existé depuis que l’homme et homme et que la femme et femme, un bon nombre de remèdes de bonnes femmes en sont l’illustration).
Qui se souvient de la laser thérapie des années 90 ?
Maintenant, la mode est à l'Ostéopathie. On se dirige, tout droit, vers le tout ostéopathique, du mal de dent au cor au pied.
Je crois savoir, que l’interrogatoire en homéopathie est assez surprenant, quand aux différents pouls des acupuncteurs cela doit interpeller, quelque peu, les cardiologues.
Si, maintenant, le Médecin Généraliste veut, à nouveau, le respect de ses patients, il doit, pour cela savoir les impressionner comme du temps de Molière : « Clysterium donare, Postea seignare, Enuita purgare » (lire le malade imaginaire).
Et si le reouveau de la Médecine Générale était dans le Pendule et la Boule de Cristal... j’allais oublier les Runes !
Source : http://le.monde.de.momo.free.fr/Accueil.htm
Quelques notions fondamentales sur les principales Patamédecines :
Acupuncture : médecine traditionnelle chinoise se base sur des concepts pré-scientifiques et vitalistes. L'acupuncture a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO le 16 novembre 2010.
Homéopathie : inventée par Samuel Hahnemann, en 1796, Médecin Allemand plus exactement, il était Saxon repose sur trois principes : la similitude, l'individualisation des cas et l'infinitésimal
Ostéopathie : Créée en 1874 par le médecin américain Andrew Taylor Still, l'ostéopathie est fondée sur des techniques manuelles visant à la conservation ou la restauration de la mobilité des différentes structures de l'organisme.
A lire avec intérêt un article qui passe en revue un nombre assez fascinant des médecines perpendiculaires:
http://et-pourtant-elle-tourne.blogspot.com/search/label/patam%C3%A9decine
Référence :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Acupuncture
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hom%C3%A9opathie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ost%C3%A9opathie
13:04 Publié dans Actualité, Citation, Coup de gueule, Culture, Histoire, Histoire de la Médecine, Honte, Humour, La pensée du jour, Magie, Médecine, Santé, Science, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (8)
15/09/2011
L’institutrice de ma fille pense que celle-ci a un autisme
Source : http://www.securikids.fr/parents/maison/sante/911-epileps...
Un site à voir
Là ou ma tendre et douce exerce ses activités professionnelles, une de ses collègues de travail arrive en pleurant et lui raconte que, pour sa fille de quatre ans, la maitresse a notée un comportement bizarre lui faisant évoquer un autisme.
En effet, cet enfant de quatre ans a, par moments, un repli sur soi, ne bouge pas, suspend son geste puis, brutalement, tout reviens à la normale.
Quand ma tendre et douce me raconte ça, je pense illico, je ne sais pourquoi, à ce que l’on appelle, en médecine, une Absence, ou « Petit mal », une sorte d’épilepsie (il n'y a pas UNE épilepsie, mais DES épilepsies). Les Absences se soignent très bien et, le plus souvent, disparaisent à l’adolescence.
La pédiatre de la petite négligeant ce problème (« elle est sensible » dit-elle), moi de conseiller un pédiatre que je connais bien, un médecin hyper compétant, ancien chef de clinique et attaché au CHU, on verra bien ce qu’il en pense, lui, de cet Autisme.
Les instituteurs manquent, parfois, de connaissances basiques en médecine.
Je ne dis pas l'angoisse des parents !
Quelques mots qui peuvent faire peur : Grand Mal, Petit Mal, tomber du Haut Mal.
Les Epilespsies se soignent trés bien de nos jours.
Chacun son métier, les vaches seront bien gardées.
23:49 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Honte, La pensée du jour, Le mot du jour, Médecine, Mots, Potins, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (5)
J’ai un Coach
Gregory Capra
Crédit Photo : http://tele.premiere.fr/
Hier matin, à la consultation, une jeune fille de 25 ans, une nouvelle patiente que j’avais vue avant les vacances pour une entorse du poignet au travail (travail d’été chez une grande enseigne de sport (elle est fondue de vélo qu’elle pratique, elle est très sportive), elle travaille dans cette grande enseigne sur fond de harcèlement moral, elle n’avait pas fait la déclaration d’accident du travail, comme elle aurait dû le faire.
Je viens vous voir pour plusieurs choses (aïe, ça recommence !)
- D’abord en remplissant la Feuille de Soin Electronique (FSE) vous avez coché la case « Médecin Traitant » au lieu de cocher la case « Hors résidence habituelle » c’est ce que m’a dis la sécu, car sur les 32 € ils ne m’ont remboursés que 5 €. Il me faut une feuille de soin papier (FSP) en cochant la bonne case cette fois.
- J’ai beaucoup moins mal au poignet, grâce à l’attelle que vous m’avez fait porter, mais j’ai toujours un peu mal lors de certains mouvements latéraux.
- Je dors très mal depuis très longtemps.
- J’ai très mal au ventre, de façon continue, depuis que j’ai terminée mon travail.
Je n’invente rien quatre actes dans la même consultation, je n’invente rien !
Dans l’ordre :
- Je rédige une FSP.
- Je rédige une lettre à la Clinique du Sport, après examen clinique, et hop une échographie (tendinite ?).
- Pour les troubles du sommeil (troubles de l’endormissement) ? à voir.
- Pour les douleurs abdominales : la palpation de l’abdomen (tiens un piercing du nombril) révèle très peu de douleurs. La durée des douleurs abdominales semble écarter une Grossesse Extra Utérine (GEU), mais…, elle a fait un test de grossesse en pharmacie qui est négatif. Moi de rédiger un « bon » d’échographie abdominale et une prise de sang, avec, quand même, un test de grossesse. Puis…
Enfin, le vrai motif de la consultation : un problème Psy. Je résume.
Je suis végétarienne, mon père, quand j’étais encore gamine, et qui était alcoolique est parti avec une prostituée, une pute. La dernière fois que j’ai vue mon père, c’est toujours moi qui ai toujours fait la démarche de le rencontrer, il a failli me tuer. Je suis (en concubinage, quel joli mot !) il est mormon, c’est sans avenir, cela ne pourra jamais marcher. Au fait, sa méthode contraceptive : le préservatif et… la méthode du retrait, Monsieur saute en route, quand on sait le taux d’échec de cette « méthode » contraceptive ! Je suis anxieuse surtout le soir quand je rentre à la maison, la journée, je n’ai pas le temps de souffler entre les études (elle termine des études pour être maître d’oeuvre dans le BTP, un métier de Mec) et le reste je me débrouille pour n’avoir aucun moment de repos, cela m’évite de penser. Le soir, par contre… Je n'ai rien pour lutter contre mon anxiété…
J’ai un Coach.
- Combien vous le payez ?
- 50 €.
Moi, avec mes 23 € ! Sans compter mes connaissances. Et en plus ma consultation est remboursés par la sécu !
En résumé : cette patiente présente, effectivement, Une comorbidité intéressante : un Trouble Anxieux avec mauvaise estime de soi, un Trouble d’Anxiété Sociale sur personnalité extraverti et, cerise sur le gâteau, ce qui est tout à fait logique avec les pathologies qui précèdent, une conduite d’échec répétitive (« Névrose d’Echec si cher à René Laforgue (cf son ouvrage "Psychopatologie de l'échec") le Psychiatre Psychanalyste de Françoise Dolto).
09:56 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, La pensée du jour, Le mot du jour, Médecine, Mots, Santé, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (16)
13/09/2011
Tir groupé
L'Hydre de Lerne
Souce : http://club.ados.fr/heryn-amlug/galerie-creatures-1994/
S’il y a bien une chose que je redoute le plus, c’est bien quand un patient me demande plusieurs actes médicaux dans la même consultation, dans ce cas, c’est la prise de tête et cela me met, tout bonnement, la tête au carré, d’où d’éventuelles erreurs, car l’attention faiblit, le cerveau se brouille dans la masse d’informations délivrées, je ne suis pas l'Hydre de Lerne, ce serpent-dragon mythologique aquatique nanti de plusieurs têtes.
Premier exemple
Juste à la fin de la consultation, au moment où j’allais fermer boutique : la sonnette.
Bonjour madame, que vous arrive t-il ?
Je viens pour un tir groupé.
Ah, bon ?
Oui, il me faut un certificat pour moi, deux pour ma fille aînée et un pour ma fille cadette.
Vous voyez, je ne viens pas pour rien.
Deuxième exemple
Docteur, je dois partir à Madagascar et je viens pour la prévention anti-palustre.
Oui.
Mais, j’ai quelque chose à vous demander.
Oui, quoi ? (moi de penser : que va-t-il encore se passer, que va-t-il me demander ?)
Je voudrais un médicament pour ma sinusite.
Votre sinusite ?
Oui, j’ai vus deux ORL, un dans le privé, l’autre à l’Hôpital, il m’ont fait, chacun, passer un scanner et m’ont dis de voir avec mon généraliste.
Ces deux ORL vous ont dit d’aller voir votre généraliste ?
Oui.
En général c’est l’inverse qui se passe : c’est le généraliste qui envoie au spécialiste.
Et en plus, je n’ai reçu aucune lettre de ces deux spécialistes… et les scanners… vous les avez ?
Non.
Ce genre de situation, je ne le voyais jamais au début de mon installation, certes les conditions de vie des généralistes des villes se sont fort améliorées par rapport aux généralistes des champs (cf la fable de La Fontaine, le rat des villes et le rat des champs), en ce qui concerne, surtout, les visites de nuit qui sont très bien prises en charge par SOS Médecin. SOS Médecins a même ouvert une Maison Médicale prés du CHU de la Grande Ville où il assurent des consultations. Les patients se déplacent, à la Maison Médicale, pour les petites urgences : du jamais vu !
Certes les conditions de vie des généralistes des villes se sont fort améliorées par rapport aux généralistes des champs, mais pas en ce qui concerne les conditions de l’exercice médical des Médecins des Villes.
O TEMPORA O MORES (Autre temps autre mœurs).
13:51 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Médecine, Mots, Potins, Santé, Shopping, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0)
02/09/2011
Des techniques de vente musclées
Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/
Les super marchés ont adoptés, de nos jours, de plus en plus, des techniques de vente musclées qui augmentent en intensité, au fil des temps, sous l’impulsion, certainement, de l’industrie agro alimentaire.
J’aime bien, de temps en temps, m’offrir un chocolat Poulain* en poudre avec un verre de lait froid, c’est un petit plaisir solitaire fort agréable ma fois.
Dernièrement, au super marché le plus proche de mon cabinet, j’allais faire de petites courses complémentaires, et voulant acheter une petite boite de Poulain, déception, il n’y en avait qu’en trés grand modèle et encore en petit nombre, par contre, à côté, par contre, un monceau de petites boites de "NEW" Poulain, un nouveau modèle Poulinique en « promotion forcée et musclée.
J’aimais bien, de temps en temps, m’offrir un chocolat Poulain*. Et si je me dirigeais, désormais, vers les produits no name ?
*Publicité gratuite et désintéressée.
Nota : On est loin de la promotion d’antan des Usines Poulain.
09:28 Publié dans Anecdote, Coup de gueule, Cuisine, Economie, Gastronomie, Pub, Shopping, Société, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (4)
Je suis quelqu’un de très anxieux et qui dois aussi souvent embêter son médecin. En fait non, je ne l’embête pas, je ne le fais JAMAIS venir, même quand je fais des crises d’angoisse à la maison, je me bourre de Xanax et j’attends que ça passe. Parce que je me rends comte que je l’embête mon médecin, qu’il est surchargé de travail, alors je sais que sa seule solution c’est les anti-dépresseurs et tout le toutim. Dommage, je l’aime beaucoup mon médecin, j’aimerais qu’il ait le temps de m’écouter, peut-être qu’il me dirait des choses qui me ferait du bien, parce que je sens bien qu’il est comme ça. Mais il n’a pas le temps, alors je ne dis rien.
http://boree.eu/?p=1918#comment-2101Je ne veux pas peser, et je ne sais pas s’il ne m’aime pas. Il est trop bien élevé pour que je me rende compte de ça.