Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/07/2013

Bricolage et chirurgie

 

http://www.plombierparis75001.com/


A propos de deux exemples de petit bricolage malicieux, je vais essayer de vous initier, un peu, à ce qu'est l'esprit chirurgical.

En préambule, il ne faut pas oublier que le mot chirurgie, a comme étymologie deux racines grecques, χειρουργια (main) et εργον (travail), le travail des mains.


Commençons par un peu de plomberie

Ce n'est qu'un pur hasard. Classiquement il est dit, dans le milieu médical, que la chirurgie vasculaire, c'est de la tuyauterie, mais je trouve que, dans ce cas, cela illustre bien le sujet

Dernièrement, un de mes robinet de salle de bain s'est mis à rendre l'âme. Il faut dire qu'après trente ans de bons et loyaux services, je ne peux guère lui en vouloir. Il s'est mis à fuir.

Les rendez vous avec les plombiers sont parfois assez longs. Je décidais donc de :


TAILLER DANS LE LARD

Avec de l'ARALDITE* à prise rapide, je bouchais, au niveau du brise jet, l'écoulement de l'eau, et le tour fut joué. D'où l'intérêt d'une double vasque dans une salle de bain :-).


REPARER

Toujours dans la salle de bains, décidément, j'accumule les problèmes d'eau dans cette fichue pièce, il est vrai que c'est une salle d'eau.

Un matin, c'était il y a assez longtemps, avant que mon robinet rende l'âme, j'ouvre le robinet, la pression était bien faible, bizarre, comme c'est bizarre, vous avez dis bizarre ? Oui, c'est bizarre.

Le temps de la réflexion, le matin, c'est dur, je démontais le brise jet et, oh stupéfaction, celui-ci était quasiment obstrué par du calcaire. L'eau ce Grandville est une eau dure, elle est riche en calcaire. Il ne me restait plus qu'a enlever le plus gros du calcaire et de finir en faisant tremper le brise jet plusieurs heures dans un produit anticalcaire, sans oublier le robinet controlatéral. Deux ou trois fois de suite je dus demonter les brises jets  pour les débarasser des restes de calcaire.






Abordons, maintenant l'abord chirurgical.


TAILLER DANS LE LARD

Un jeune patient de 7 ans se plaint de douleurs abdominales de la fosse iliaque droite, vous l'adressez, fort justement au chirurgien, qui l'opérer juste a temps que se développe une péritonite. Le jeune patient va ressortir de la clinique avec un organe qui ne lui servira à rien.

Une jeune patiente de 20 ans consulte car elle présente des douleurs de la fosse iliaque droite, elle a été opérée de l'appendicite, vous lui faites passer une échographie qui montre un superbe kyste de l'ovaire droit. Vous l'adressez au chirurgien qui va enlever le kyste en laissant le plus possible d'ovaire fonctionnel, pour préserver la fonction procréatrice, mais comme la nature fait mieux les choses que les humains, il y a toujours l'ovaire controlatéral.


REPARER

Un patient souffre d'une crise de colique néphrétique, un caillou est coincé dans un uretère, une seule solution, aller le chercher avec une sonde à lasso. Idem pour une sympathique patiente de 50 ans, blonde, grassouillette, ayant eue deux enfants, qui est en pleine crise de colique hépatique. Une soluce, déboucher son canal cholédoque en retirant son calcul.

Dans ces deux cas il y a "restitutio ad integrum". Le corps se retrouve dans le même état avant qu'après.


En définitive, il n'y a pas grande définitive entre la chirurgie et le bricolage, et pour cause :


la chirurgie, le travail de la main, c'est du bricolage !

 

Référence Bibliographique : http://ww.megalol.tv/la-chirurgie-en-fait-ce-nest-que-du-...

09/07/2013

Pour s'amuser, un brin de culture ne nuit pas

Professeur Louis-Camille Maillard


GROUIKKK !

Une visiteuse médicale me présente le tout nouvel anticoagulant, le XARELTO*, qui n'a pas l'inconvénient de faire une surveillance du contrôle du taux d'anticoagulation par prise de sang (PREVISCAN*), celui-ci fluctuant tout le temps. LE médicament le plus dangereux de tous (celui utilisé dans la mort au rats).

Ce médicament à l'indication dans la phlébite et la FA (un trouble du rythme cardiaque qui peut provoquer des caillots qui peuvent remonter au cerveau). Mais pas dans le remplacements des valves cardiaques métalliques.

Je lui raconte qu'un de mes patients qui avait une FA et un remplacement valvulaire aortique et précisait que son cardiologue lui avait remplacé le PREVISCAN* par la médication qu'elle présente, je vois son œil interloqué, voire inquiet, je lui précise alors que sa valve aortique n'est pas une valve métallique, mais une valve de cochon, je rajoutais d'ailleurs que, toutes les nuit, depuis son opération, il se réveillait en poussant des GROUIKKK retentissants, d'où sa réputation de gros cochon. Regard éffaré de la visiteuse. En effet suite aux travaux, à la fin des années 60, d'Alain Carpentier, un chirurgien cardiaque français, furent découvertes les bioprothèses valvulaires issues du porc.

La visiteuse manquait un peu de culture, elle ne savait pas que cela existait, et, en plus manquait totallement d'humour.

Ce qui est admirable c'est que cette courte histoire confirme bien l'expression "tout est bon dans le cochon", même ses valves !

 

pauvre mignonne petite bête

 
                                    GROUIKKK !

La réaction de Maillard :

Un médecin conseil de Dame Sécu vint me porter la bonne parole.

Plus sérieusement, il vint me montrer mes résultats en tant que prescripteur. Il aborda tout naturellement le sujet épineux du Diabète et, bien sûr, sa surveillance par la bonne vieille Hémoglobine Glyquée HbA1C) , pas moins d'un dosage tous les trois mois.

Vous savez que la cuisine est une de mes passion, eh bien, justement, cela m'a permis de m'amuser un peu.

Un chimiste, Louis-Camille Maillard, découvre un peu par hasard, dans les années 10, la réaction (elle se passe à température élevée) réaction qui porte son nom. Il publie cette découverte en 1911 : "L'action des sucres sur les acides aminés".

Pour faire simple :

 - Cette réaction est très connue des cuisiniers professionnels et des amateurs confirmés, très schématiquement sous l'action d'une température élevée, il y a une sorte de caramélisation des protéines qui donne ce si bon goût à la viande grillée au four ou au barbecue.

 - Je suis d'esprit curieux. Un jour de spleen, je regardais, lors d'un surf sans motivation, une idée culinaire me traversa la tête et je me fixais sur : réaction de Maillard. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de voir que le marqueur sur trois mois de la Glycémie (taux de sucre dans le sang), la fameuse Hémoglobine Glyquée (HbA1C), devait son existence aux travaux de Maillard. Le dosage tous les trois mois étant dû à la durée de vie des globules rouges dans le sang (3 mois).

Et moi de demander à mon médecin conseil : "Savez-vous qui est à l'origine de la découverte de l'Hémoglobine Glyquée ?" Silence sépulcral, je pense qu'il n'a même pas compris que je me moquais un peu de lui.

Le Médecin Conseil manquait un peut de culture, et en plus ce ne devait pas être un bon vivant, il ne connaissait pas l'existence de ce pauvre Maillard.


Il faut, parfois, sortir de la médecine et rêver comme on savait le faire quand on était enfant.

Je dois avoir encore avoirune part enfantine dans un recoin perdu de moncerveau tordu.

Cela me permet, parfois, de m'amuser dans ce monde de brute.



Gigôt d'agneau

 

P.S. : Je sais, vous allez me dire, la "vraie" culture c'est la littérature, la musique, la peinture, l'histoire, la Philisophie ;quand à la science...

 

Disons que je parle, ici, de curiosité. Mes propos me rappellent l'histoire de la création d'SOS Médecins à un Urgentiste qui, tout naturellent ne la connaissait pas. Curiosité, vous dis-je, curiosité.

Surtout de nos jours avec ce Wikipédia si décrié, mais qui rend bien service.

 

Texte remanié version 1.1

02/07/2013

Le sang et le boudin

 
Je roulais tranquillement sur les boulevards (à 50 Km/h) quand un scooter se faufilant entre les voitures arrive, enfin, à me doubler. Sur le casier du scooter est écrit en rouge URGENT SANG. Le scootériste reconnait alors un de ses copains dans la voiture qui est à coté de lui, vitre ouverte. Tout ce beau monde s’arrête au feu rouge, puis redémarre, ils discutent toujours.

Ce comportement commençait à m’irriter passablement, un coup je te double, un coup je roule lentement et je discute sans savoir si je dérange.

J’en profite donc pour doubler, et, en passant, je dis au porteur de sang :

« Faites attention que votre sang ne se transforme en boudin. »

28/06/2013

Une ancienne sportive qui a arrêtée de boire




Une jeune demoiselle de vingt deux ans me consulte pour une infection urinaire. Elle a des brulures très douloureuses en urinant, du sang dans les urines, elle a donc une Cystite  (infection urinaire basse), mais, à un interrogatoire plus poussé, quand je lui demande si elle a mal sur le côté du dos, elle répond oui, sur le côté droit ; cela sent la Pyélonéphrite (infection urinaire haute).

La Pyélonéphrite est une infection du tissus noble du rein réalisant, au début, de micro abcès. Ce qui impose un traitement rapide et prolongé pour détruire totalement la bactérie dans le parenchyme rénal (15 jours de traitement).

Je lui demande une analyse d'urine (ECBU) à la recherche d'une bactérie et d'une prise de sang (NF, VS, CRP) pour confirmer la Pyélonéphrite.

Je lui prescrit ce que l'on appelle une "antibiothérapie probabiliste", prescription d'un antibiotique en fonction de la probabilité de la présence du germe présumé et de la sensibilité de ce germe à l'antibiotique. Je lui prescrit, aussi, un anti inflammatoire pour calmer ses brûlures en urinant, et éviter ainsi qu'elle se tortille sur la lunette des WC. Je rajoute du paracétamol en adjuvant pour les douleurs et, éventuellement, la fièvre.

Bien sûr, elle a la consigne de boire, car elle ne boit pas, elle n'aime pas boire.

Je la revois avec ses résultat au troisième jour de traitement. Cela va nettement mieux. Elle n'a plus de douleurs en urinant, plus de douleur dans le dos. Par contre elle dors mal.
 - Ah bon pourquoi lui dis-je ?
 - Je n'arrête pas de me lever pour aller aux toilettes.
Un effet iatrogène inattendu.

Le bilan biologique confirme (on s'en serait douté) l'infection urinaire basse (la Cystite) mais confirme, aussi, l'infection urinaire haute (la Pyélonéphrite), la CRP est élevée traduisant l'infection d'un organe, la cystite n'étant pas suffisante pour expliquer cela.

Comme nous avons un peu plus de temps pour parler, elle m'avoue qu'elle a peur que cet épisode récidive.

Moi de lui répondre : si vous ne buvez pas suffisamment, il y a des chance, surtout par temps chaud et en plus si vous voyagez
Actuellement vous avez été constipé ?
 - oui.
 - Et puis j'ai pris l'avion.  - Combien a duré le vol ?
 - 3 h.
 - Avez vous été au toilette dans l'avion ?
 - Non.
- Pour éviter les infections urinaires il faut uriner fréquemment.

C'est là qu'elle rajouta, avant j'étais sportive, j'ai fait plusieurs sports. Mais depuis que j'ai arrêtée le sport, je ne bois plus.

 

26/06/2013

Le Zona, le Guérisseur, le ZOVIRAX*, le patient et le médecin

Zona intercostal
Source : http://www.legeneraliste.fr/


Il y a de cela quelques années, un patient, ancien militaire, retraité de 55 ans, vint me consulter pour une lésion cutanée :
 - "je ne sais pas ce que j'ai".
 - C'est un Zona intercostal lui répondis-je. Cela se soigne très bien, maintenant. Car, à partir de 50 ans, il faut donner un antiviral dans les 72 heures après l'apparition des premiers symptômes (à l'époque le ZOVIRAX*, maintenant le ZELITREX*) pour éviter les "Douleurs post zostériennes", ce sont des "douleurs neuropathiques".qui persistent et qui peuvent être très douloureuses et très difficiles à soigner, d'où l'intérêt de les prévenir.

quinze jours plus tard, je croise le patient et lui demande comment il va.

 - Très bien me dis-t-il.
 - Ce traitement est très efficace lui répondis-je.
 - J'ai été voir un Guérisseur.
 - Vous avez au moins terminé votre ZOVIRAX* jusqu'au bout ?
 - Oui, le Guérisseur m'a dit de continuer.

 

Comme le disait si bien Frédéric Dard : "La connerie humaine est la seule chose au monde qui puisse donner une idée de l'infini".

18/06/2013

L'Homéopathie dans le traitement des Rhinopharyngites de l’enfant




Les enfants font, en moyenne, six rhinopharyngites par ans et ce pendant six ans, ce qui finit au bout d’un certain temps par lasser les parents.

Dans le temps, la conduite thérapeutique du médecin était relativement simple.

-Si l’écoulement nasal était blanc, pas d’antibiotique, mais du paracétamol en cas de fièvre au delà de 38° C, c’était viral, lavage de nez avec du sérum physiologique en unidose, et avant les repas ce qui faisait éternuer l’enfant et lui permettait du mieux manger avec le nez débouché.

-Si l’écoulement nasal était coloré (jaune ou vert excusez moi de la réalité), il y avait une surinfection, donc prescription d’antibiotique et du paracétamol en cas de fièvre au delà de 38°. Ce qui ne plaisait pas forcément aux parents. En fait ce n’était pas forcément la prescription d’antibiotique (quoique) mais surtout la récidive des rhinopharyngites.

Maintenant, les nouvelles Recos (recommandations) de l’HAS (Haute Autorité de Santé) conseillent de ne pas prescrire d’antibiotique dans les Rhinopharyngites avec écoulement purulent, mais du paracétamol en cas de fièvre au delà de 38° C.

Au bout de 5 ans, les parents lassés par la médecine conventionnelle et rationnelle, décident de se tourner vers les médecines « douces », non conventionnelles et irrationnelles, dans ce cas, l’Homéopathie.


Pourquoi irrationnelle me direz-vous. D’abord, pour être une médecine douce, on ne peut le nier, l’Homéopathie est une médecine douce. Pour ce qui est de l'irratationnalité, à partir de 9 CH, au niveau efficacité, pour l'Homéopathie, cela commence à devenir très problématique. En dessous de ce seuil là, on est en dessous du nombre d'Avogadro, ce qui veut dire qu'il n'y a plus de molécule de principe actif, et là, "ça craint grave". Quand à la mémoire de l’eau, l’expérience de la mémoire de l’eau effectuée par Jacques Benvéniste juste avant l’entrée en bourse du Laboratoire Boiron au second marché, cette expérience qui n’a jamais été reproduite par la suite.

Pour ce qui est des Rhinopharyngites, un an plus tard, à 6 ans, comme prévu, l’enfant, naturellement, arrête spontanément d'en faire.


Et l’Homéopathie de triompher.

A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.

 

Ceci-dit, malheureusement, les médecines douces, cela à trait aux croyances, et le rationnel ne peut rien contre les croyances

17/06/2013

Médecine à l'ancienne contre médecine moderne: Le cas de l'Aponévrosite Plantaire


De nos jours, les médecins négligent l'interrogatoire et l'examen clinique au profit des Scanners IRM Bilans biologique et autres Joyeusetés qui coûtent bien plus cher. Mais pour être un bon clinicien, cela demande, outre quelques connaissances, un petit peu de temps (interrogatoire correct et examen précis), ainsi qu'un peu d'intelligence, il faut avoir envie de réfléchir, c'est ce qui fait tout le charme de ce métier : chercher la panne.

C’est ce que j’appelle la Médecine à l'ancienne contre médecine moderne.

Je vais essayer de vous démontrer cela avec cette petite histoire.

Pour une fois, je vais me reposer. Vous allez prendre ma place, je vais vous regarder travailler de façon attentive mais avec indulgence, car vous débutez juste dans ce métier passionnant mais ingrat.

En fin de la consultation du soir, vous qui pensiez pouvoir rentrer tranquillement chez vous pour un repos bien mérité après une dure journée de labeur ; mais, aussi, pour passer à table, en fin de consultation, la sonnette vous appelle.

Vous faite un métier rare où, comme les gens de maisons, on vous sonne et vous venez.

En bon clinicien, vous procédez par ordre, d'abord l'interrogatoire quasi policier, un examen clinique minutieux accompagné, éventuellement, d'examens para cliniques (complémentaires, type biologie, radio, écho, scanner, IRM...), pour terminer, enfin, par le traitement. En médecine, comme dans tout les métiers il, il ne faut jamais mettre la charrue avant les bœufs.

 Interrogatoire :

Il s'agit d'une patiente de quarante cinq ans, coiffeuse, debout toute la journée, de part son métier. Elle se plaint de son talon droit depuis plus d'un mois.

 Examen clinique :

 Vous appuyez fortement sous le talon ce qui déclenche une douleur vive et le cri de la patiente.

Diagnostic :

 En fin clinicien, vous vous en arrêtez là. Vous portez le diagnostic d’aponévrosie plantaire.

Traitement :

Vous prescrivez une paire de semelles orthopédique à faire par un podologue, et, si cela ne va pas mieux dans deux mois, vous adressez le patient à votre correspondant Rhumatologue

On constate, en effet, que l’âge moyen d’apparition de l’aponévrosite plantaire se situe autour de 40 ans. Elle touche deux femmes pour un homme. La station debout prolongée, elle est coiffeuse, en est une cause fréquente.

Le symptôme quasi unique de l’aponévrosite plantaire est la douleur talonnière talalgie (douleur du talon). Elle est ressentie surtout lors de la mise en charge le matin.

C'est bien, je suis fier de vous, vous vous êtes comporté en bon médecin et en plus vous n'avez pas couté cher à la collectivité.

En effet, vous n'avez pas prescrit ces fameux examens complémentaires qui coûtent si cher. Vous avez évité :

Examens complémentaires :

Radio standard : peu d'intérêt. Montre une épine calcanéenne, surtout ne pas opérer.
Échographie : peu d'intérêt aussi.
IRM : confirme bien l'aponévrosite, le meilleur examen complémentaire, coûte cher.

J'oubliais les nombreux traitements proposés dans l'aponévrosite plantaire (il doit bien y en avoir dans le tas certains qui ne valent rien, peut-être dis-je des bêtises, il vaut mieux utiliser des traitements réversibles).

 Traitements :

 - Podologue : orthèse plantaire (semelles orthopédiques) remboursées.
 - Kinésithérapie : crochetage myo-aponévrotique
 - Mésothérapie
 - Infiltration
 - Cryothérapie
 - Onde de choc extra corporelle
 - Chirurgie pour les formes rebelles. Elle consiste à inciser l'aponévrose : aponévrectomie.

14/06/2013

Une consultation gratifiante mais pas honorée

Crédit Photo : http://www.dermis.net/dermisroot/fr/home/index.htm

 

Ce matin à consulte, un patient noir, arrive en boitant. A l'interrogatoire, il me dit avoir tripatouillé entre ses deux orteils (le 4° et le 5°), en essayant de désinfecter, au dakin, une plaie. Effectivement, il a un magnifique intertrigo.

Par contre, ce qui est plus inquiétant, c'est qu'il a le dos du pied qui est rouge, chaud et enflé. C'est un érésipèle.

La bactérie (sterptocoque ou staphylocoque a trouvé, comme porte d'entré, la lésion cutanée entre les deux orteils).

Traitement : PYOSTACINE* 500mg 2 cp matin midi soir pendant 10 jours + AMYCOR* 1 application par jour sur l'intertrigo pendant 10 jours.

Ce patient me dit qu'il a la CMU.
 - Bien, donnez moi la carte.
 -Je ne suis pas à jour.
 - Et bien, vous repasserez quand vous serez à jours...

 

Après tout, quand tu a prété serment, tu n'a plus qu'a en baver. Bon, je plaisante. en règle générale, et même tout le remps, je me fait toujours avoir par les patients indélicats. je n'ai jamais arnaqué un patient. Ilest vrai que quelques patient m'ont tellement exaspérés (le mot est faible) que je les ai virés.

On fait quand même un drôle de métier, si nos patients savaient ce que l'on ressent... mais cela ne les interressent pas. Nous nous les écoutons, c'est normal, nous sommes payés pour cela.

Le Médecin est seul.

Comme...

03/06/2013

La Veine Pouilleuse, une illustration de l’Anthropologie de la Santé

Thrombose du sinus caverneux droit. IRM cérébrale avec injection de gadolinium, (coupe coronale).
Asymétrie sinusienne, aspect bombant de la paroi latérale du sinus droit, défects multiples à l’injection du sinus caverneux droit par le gadolinium (flèche) ; rétrécissement de calibre de la portion intra caverneuse de la carotide interne droite (astérisque) ; sinusite sphénoïdale (double astérisque).



Un peu d’Anthropologie de la santé, cela ne nuis pas, de temps en temps.

Les pratiques magiques ont parfois une explication « scientifique ».

Nous allons tenter de l’expliquer par cette petite anecdote.


Les faits :
« Une jeune fille de la Gironde avait de violentes céphalées et les médecins de l'époque diagnostiquèrent en 1909 une méningite. Ses parents appelèrent Madame Mathieu qui déclara qu'il s'agissait d'une "veine pouilleuse"... Elle fit une incision dans la tête et une abondante quantité de pus sortit... La jeune fille fut guérie à l'instant. »
Source : http://www.gallican.org/mathieu.htm

L’interprétation médicale :
Cette jeune patiente était atteinte dune Thrombophlébite du sinus caverneux. L’histoire naturelle est très simple. Elle avait un furoncle de l’aile du nez qu’elle avait eu a malencontreuse idée de manipuler*. L’infection avait gagné le cerveau provoquant une thrombophlébite du sinus caverneux, puis une méningite.

Quand à la guérison par l’intervention de Madame Mathieu (ou une guérison spontanée), je n’y crois pas trop, à moins qu’il ne se soit agit que d’une simple méningite virale (ce qu’avaient dit les médecins).


*Furoncle aile du nez « manipulé » http://fr.wikipedia.org/wiki/Furoncle

Les rues de Grandville ne sont pas sûres




Les rues de Grandville, ou plutôt ses trottoirs, ne sont pas sûrs du tout.

Monsieur Du Chien, s’en allait, ce matin, à la quête de son pain,

En sortant de la boulangerie, du haut de ses quatre vingt ans, Monsieur Du Chien chuta sur une crotte de chien.

Les clients du boulangers le relevèrent, appelèrent les pompiers qui l’amenèrent aux Urgences du CHU de Grandville. Il y fut diagnostiqué une fracture du col du fémur.

Heureusement, grâce aux progrés de la ghirurgie, monsieur Du Chien pouvait encore se déplacer correctement, mais il lui restait, cependant, une légère boiterie. Il portera celle-ci jusqu’à la fin de sa vie.

Les rues de Grand ville ne sont plus sûres.

23/05/2013

L'enfant et la mort



Une fillette de neuf ans est amenée à la consultation par son père et sa mère.

Le motif de la consultation est simple : douleurs abdominales.

La question à poser, il y a t il des nausées : oui. Cela craint.

Pourtant, à l'examen, rien de" particulier, en dépit de l'âge qui aurait pu coïncider*, ce n'est pas une appendicite.

Eternelle question que je pause, il y a t il possibilité d'anxiété ?

C'est alors que les parents me disent que, peut être, il pourrait s'agir de la mort de sa grand mère qui puise être en cause.

En effet cette jeune patiente souhaite aller à l'enterrement de sa grand mère dont elle était très proche,  et ce, "pour la voir une dernière fois".

Les parents sont réticent.

Je laisse, un peu, mûrir la situation. Puis au bout d'un petit moment d'hésitation, il décident de l'amener à l'enterrement de sa grand mère.

Je précise aux parent, qu'il est bien entendu que si les douleurs abdominales ne passent pas, direction les urgence de ma clinique préférée.


* En fonction de l'âge et du sexe, les douleurs abdominale ont une probabilité plus importante de survenir. Quelques exemples :
 - Nourrisson : invagination intestinale (garçons et filles)).
 - Entre 7 à 12 ans : Appendicite (garçons et filles).
 - Filles vers 20 ans : kyste de l'ovaire.
 - Vers 50 ans, prédominance femmes : cholécystite.

13/05/2013

Médecine Vétérinaire

Crédit Photo : http://avocats.fr/space/ledroitequin/content/_e506f6be-c9...



Pour répondre à un commentaire d'Artémis pour mon post.

J'ai dans ma patientèle, un couple sortant de l'ordinaire. Lui est soud de naissance, donc atteint de surdimutité (sourd et muet), elle est sourde muette et aveugle car elle a un syndrome d'Usher.

Un jour son mari me l'amène, c'était bien après qu'il avait attrapé la syphilis en dehors du couple ; l'appel du corps existe aussi chez les handicapés, et heureusement.

Lors de cette visite, j'ai eu un éclair lumineux, je me servis de Word pour communiquer avec lui comme intermédiaire, lui, écrivais dans la main de sa femme, et me répondait, tant bien que mal avec une parole assez difficile à comprendre, cela fonctionnait tant bien que mal, mais je restait, au niveau de l'interrogatoire, quelque peu sur ma faim.

Heurtement, j'eu la bonne idée de faire un bilan biologique qui révéla une anémie sévère avec une réserve en fer (ferritine) au raz des pâquerettes, lié à une hémorragie gynécologique.

Les Médecins font, parfois, de la Médecine Vétérinaire, je le reconnais, c'est assez rare.

21/04/2013

J’ai un problème d’hygiène




Un patient la trentaine viens me voir, d’abord, car il a des problèmes entre la cuisse droite et le testicule homologue, visiblement, il s’agit d’un Erythrasma, en effet, monsieur porte à droite, puis, il se plaint d’une douleur du sillon inter fessier, et ce depuis longtemps, depuis l'âge de vingt ans plus précisément. A l’examen, excusez moi du peux, le patient à quatre patte, je ne sais pas pourquoi, mais ça "sent" le kyste pilonidal à plein nez.

Le kyste pilonidal est une affection congénitale qui touche les étudiants qui restent assis longtemps et les militaires qui font du tape cul dans leurs véhicules aux amortissements sommaires, il s’agit de résidus embryonnaires comme des cheveux, par exemple, qui s’enflamme et donne une douleur importante du sillon inter fessier.

La solution : l’opération par un proctologue.

Enfin, ce cher monsieur, me demande, en raisons de ses problèmes d’hygiène, si l’on ne pourrait pas le faire bénéficier d’une… circoncision. Moi de tomber des nues, une circoncision à son âge sans ni motif religieux ni motif médical, c’est bien la première fois que cela m’arrive en trente ans de métier, il a fallu que ça tombe sur moi.

Et moi de faire une lettre pour la dermato de son choix et pour l’urologue pour mettre à nu son zizi.

Pour le kyste pilonidal, on verra plus tard.

Cerise sur le gâteau je le voyais de plus en plus pressé au fil de la consultation, sauf pour le zizi, moi qui ne penser qu'à l'aider: J’ai rendez-vous avec ma femme, je vous enverrai le chèque plus tard par la poste, j’ai oublié mon chéquier.

ET BOUM BADABOUM !

23/03/2013

Une Angine Urgente







Coup de fil, en pleine consultation, une magnifique prostatite.

Pour le coup, une vraie urgence qui n'aira pas aux Urgeces à l'hôpital, je sait encore soigner cela.

 - Docteur, venez vite, ma fille a une angine?
 - Je ne pourrai venir qu'après la fin de ma consultation, vous n'avez qu' à appeler SOS Médecins.
 - Mais je croyais que c'était pour les urgences.
 - Vous confondais, madame, avec le SAMU. Voulez vous que je vous donne leur numéro de téléphone ?
 - Non, je regarderai sur Internet.

Au revoir madame (ou plutôt adieu).

Véridique.

Nous, les généralistes, sommes tombés bien bas.

Pourtant la majorité de Médecins généraliste ont, environ, 60 ans d'années d'âge ( un très bon Wisky). Bientôt la quille Bordel !


Et, cerise sur le gâteau, seulement 10 % de jeunes médecins, justes thésés, s'installent en libéral (la majorité préfèrent s'installer en salariés : Médecins du travail, médecin dans une maison de retraite médecin conseil à la Sécu...).

Heureusement qu'il y a les Médecins étrangers qui vont venir colmater le gouffre.

La Médecine étant, fâcheusement, indélocalisable.

 

No comment.

13/03/2013

Le Professeur Chercheur

Source : http://carlierisabelle.files.wordpress.com/


Je soigne depuis de nombreuses années un patient qui est devenu Professeur Chercheur.

Au début je l'ai vu pour un gros testicule, qui fit tilt dans mon petit cerveau ceci fut confirmé, à l'échographie, un cancer du testicule, un bon cancer. Il eut droit à une orchidectomie après prélèvement de son liquide séminal, en vue d'une future paternité, d'une pose de prothèse avisée esthétique et d'une chimiothérapie par Cisplatine qui lui provoqua un polynévrite des membres inférieur qui régressa, mais cette chimiothérapie, le Cisplatine, lui lécha définitivement les deux oreilles lui laissant une baisse de l'acuité auditive irréversible, ce qui le gêne passablement dans son métier.

Ce patient, fort sympathique, au demeurant, quoi qu'un peu rigide sur les bords, catholique pratiquant, adepte des groupes de prière, essaya bien de me convertir, moi, affreux mécréant.





 

Il donna à sa femme un enfant, puis deux, puis trois, je ne sus jamais si cela fut fait par les voies naturelles ou surnaturelle, grâce à Dieu Insémination Artificielle avec sperme du Conjoint (IAC).

Il viens me voir, pour des envies de pisser fréquentes avec des brûlures à la miction. Comme il n'y a pas, sauf exception, de cystite aigue chez l'homme, tout comme des pyélonéphrites, et ce pour des raisons anatomiques (l'urètre de la femme est beaucoup plus petit que celui de l'homme).

Cela sentait la prostatite à plein nez. Je luis prescrit, dans l'ordre : une analyse d'urine avec recherche d'un germe, un analyse de sang avec VS, CRP et PSA (débrouillez vouz avec les termes techniques wikipédia est là pour ça), une prescription antibiotique probabiliste (en fonction de la probabilité de la présence du germe susceptible d'en être la cause.

Deux jour plus tard, de retour de Paris, il me dit que certainement mon diagnostic était bon il me lu les résultat des bilans VS, CRP et PSA au taquet, le germe était sensible à l'antibiotique, mais... Il ne l'avais pas pris.

Pourquoi, je cherche toujours.

Ah, si, je sais, c'est ma faute ! J'ai dû mal expliqué, à cet homme trop intelligent.

Pourtant, je n'ai jamais eu ce type de problèmes avec les autre patients.

Alors...

09/03/2013

La femme au Baby blues

Source : http://www.monbebe.com/


Il y a un viel aphorisme médical qui dit :

"Chez un patient jeune : trois signes, une pathologie ; chez un patient âgé, trois signe, trois pathologies".

Une jeune patiente fait exception à la règle :

Je suis, depuis environ un mois, suite à sa deuxième grossesse, une patiente adressée par sa gynéco, pour Baby blues, en fait, une jeune patiente de 25 ans qui présente un Etat Dépressif Majeur. Avec un anti dépresseur et une modification de son mode de vie, cela se calme assez rapidement. Ce qui montre bien l'intérêt pour une "psychothérapie".

Puis l'état défensif traité, plutôt en rémission (il faudra;, encore 6 mois d'anti dépresseur). En fait il s'agit d'un burn-out, un déménagement pour mutation du mari, l'accouchement et la recherche d'un emploi, vinrent à bout d'icelle.

Elle me dit quelle a souvent des mal de tête, en fait, il s'agit d'une vrai maladie migraineuse, je lui donne un traitement pour les cris et un traitement pour diminuer le nombre de crise (traitement de fond).

A la consultation suivante, le miracle les crises sont très bien cadrées en 1/2 h, plus rien.

A la consultation suivante, les crises se son bien espacées, mais elle me dit avoir un truc qui la gêne à la main, au niveau du pouce, elle me montre une magnifique dyshidrose.

L'intérêt du métier de généraliste, c'est de passer de la Psychiatrie à la Neurologie, puis de la Neurologie à la Dermatologie.

05/03/2013

M.D.P.H.




Elle est à la CMU, lui est en fin de droit.

Elle adresse son mari pour que je sois son médecin traitant, la connaissant, je n'était pas très chaud pour l'accepter comme patient.

Il avait mal au dos, le rhumato a trouvé un tassement vertébral (séquelle d'un accident du travail et une ostéoporose;

Le pneumologue un emphysème (il clope à mort des cigarettes roulées, c'est moins cher, là, je le comprend).

Son avant dernière consultation fut calamiteuse, la salle d'attente était pleine j'entendais la sonnette et lui était là pour quatre motifs différent et, on aborda enfin un papier à remplir celui de la MDPH (pour être reconnu comme handicapé, et grappiller quelques sous au frais de la société.

Comme j'avais la tête au carré, je remplis mal le dossier. Bien sur elle téléphona agressive, me disant qu'elle avait récupéré un dossier et qu'elle passerait quand il y aura moins de monde.

Pendant la rédaction du dossier, elle me dit tout de go, surtout remplissez le bien en notre faveur.

Suis-je encore leur médecin traitant, franchement, j'aimerai bien que non.

27/02/2013

Monsieur et Madame demi-dose


J’ai depuis quelque mois un couple de patients, un couple que j’appelle Monsieur et Madame demi-dose. C’est Madame qui porte la culotte. Depuis deux à trois mois, Madame demi-dose a diminuée par deux les doses de son copain, Monsieur Demi-dose pour deux médicaments (d’où le surnom demi-dose).

DEPAKOTE* et EFFEXOR*, deux médicaments pour traiter une rechute dépressive. Monsieur, à la chance (enfin, presque) de tomber sur une maitresse femme qui le manage comme un bébé ; d’ailleurs, elle lui dit toujours : « hein mon bébé ».

Dernièrement, madame demi-dose a décidée de diminuer les doses de ces deux médicaments, brutalement, par deux ; une seule prise le matin en lieu et place d’une dose matin et soir.

Trois possibilités s’offrent au couple demi -dose :

 - La première : me quitter, ma fois, me concernant, ce ne serait pas si mal que cela
 - La deuxième : me dire que le couple demi-dose est revenu à l’ancienne posologie et ne pas le faire
 - La troisième : me dire que le couple demi dose est revenu à l’ancienne posologie et le faire, mais le doute risque de subsister.

Ah ! ces médecins qui ne font pas confiance en leurs patients.

21/02/2013

Le mathématicien, la tablette et le médecin



Il n'y a pas si longtemps de cela je reçois un coup de téléphone, en anglais, d'un patient souhaitant une consultation, de préférence avec un médecin parlant anglais. Avec "my English Baragoin", je lui répondis que, s'il ne trouvait pas mieux ailleurs, cela pourrait se faire.

Il vint me voir avec une superbe tablette, c'est pour la traduction, pas facile quand même, mon anglais parlé est limité, très limité, je comprends à peu près, mais pour ce qui est de m'exprimer, c'est "rather limited", je suis bien meilleur pour lire l'anglais, informatique oblige.

C'était un chercheur en mathématique d'origine étrangère venu travailler, en France, dans un labo de la Fac de science de Grandville.

Grâce à sa tablette il arriva à me dire que disons, au niveau de la bagatelle, il avait tendance à partir plutôt vite, surtout si la nana était plutôt canon.

Il voulait une pommade anesthésiante, pensant qu'avec cette méthode artisanale, il pourrait retarder le machin.

J’eus beau lui expliquer que les ISRS avaient une action intéressante dans cette indication (notamment en citant l'exemple de la DAPOXETINE).

Il ne voulut rien savoir, et repartit avec sa pommade EMLA*, pour anesthésier le bidule.

Le patient à toujours raison, enfin, dans une certaine mesure, quand même.

Cette petite anecdote me fait songer à une autre, qui m'était arrivée il y a bien longtemps, à la brillante époque ou il n'y avait, comme antidépresseur avec une très bonne efficacité mais une tolérance moyenne, l'ANAFRANIL*. Un patient sortait de sa dépression avec 100 mg d'ANAFRANIL* (dose correcte efficace) , ce patient me dis, en rapport avec les effets secondaires : "si ça continue, je vais pouvoir jouer dans des films X".

19/02/2013

Une patiente à la vie tourmentée




Je suis soumis à une saison migratrice. Je vois de nouveaux patients en fonction des mutation des patients militaire. La petite famille est bien obligée de suivre. Parfois ce n'est p    as facile, pour le conjoint de trouver un travail.

Les mutations ont lieu tous les deux à trois ans. Je vois, donc, au gré de ces mutations, de nouveaux patients.

Mon cabinet médical est situé juste en face d'une grande résidence très agréable et a visage humain réservée aux militaire. Heureusement pour eux, Ils sont très bien logés. Il faut bien avoir quelques avantages dans ce métier un peu particulier.

Une patiente de 40 ans, dont le mari est militaire, atterrit donc dans ma salle d'attente (son mari est parachutiste, enfin, l'était, l'âge passant...). Elle se plaint d'oppression thoracique et de douleurs abdominales. A l'examen, une grande balafre adorne le flanc gauche : "j'ai été opéré d'un cancer du rein, il y a quatre ans".

Déjà, ça, c'est pas commun.

L'examen clinique est strictement normal. Son histoire d'oppression et de douleur me fait plutôt penser à quelque chose de l'ordre du Psy, je sais, oui, encore...

A la question sur d'éventuels soucis : "oui, je suis en formation pour être Aide Soignante" et puis il faut prendre ses repères. En outre, je bois pas mal, du punch (mon mari est antillais).

Me référant à son cancer du rein, je lui demande si elle n'a pas eu d'autres stress dans sa vie.

J'ai eu une adolescence troublée, cela n'allait pas avec ma mère. Je me suis scarifiée, je sniflait de "l'eau écarlate". Et puis cerise sur le gâteau elle lâcha le morceau : J'ai été violée à l'âge de 17 ans.

J'ai rarement vu un patient avec une vie aussi mouvementée. Comme elle le dit elle même, si je mourrais maintenant, je pourrais dire que j'ai eu une vie bien remplie.

A un interrogatoire plus poussé elle me confie qu'elle est fatiguée et qu'elle n'a goût à rien. Cela se précise. Elle décompense un Trouble de Stress Post Traumatique en Etat Dépressif Majeur, et elle traite tout cela avec des rasades de punch, sans modération.

J'oubliais, son couple est un couple recomposé. Elle a eu un enfant avec chaque homme important de sa vie, les deux sont des gens de couleur.

Son violeur était un...

Blanc.